Par Djiby Sène

Louga, 3 oct(APS) – Le village de Mbékheul Peul, situé dans l’arrondissement de Sakal, doit sa célébrité à un baobab auquel on prête de nombreux pouvoirs dont celui de guérir les malades.

Du fait de cette réputation, des parents de déficients mentaux y emmènent souvent leurs enfants dans l’espoir d’une guérison. D’autres personnes s’y rendent dans l’espoir de guérir de certaines pathologies.

Le secret de cet arbre mystique, hérité du fondateur du village, Hamady Kâ, est transmis de père en fils. Il est aujourd’hui détenu par l’actuel marabout et chef du village, Ahmadou Kâ.

”Le baobab a toujours été le lieu où toutes les prières se faisaient depuis nos ancêtres. Il s’agissait de traiter pour l’essentiel des personnes atteintes de déficience mentale ou de solliciter des prières pour des personnes confrontées à des difficultés’’, déclare Ahmadou Kâ, plus connu sous le nom de Baïdy Kâ.

A première vue, difficile de croire qu’il y a dans ce village, un arbre dont aucun génie ne résiste à la puissance mystique. Le fait est que, selon la tradition locale, cet arbre renferme beaucoup de mystères, assure le dépositaire du secret.

Le marabout demeure convaincu que ‘’toute personne atteinte de démence, une fois acheminée sous le baobab, même si elle est très agitée, va s’endormir immédiatement, ou se calmer’’, le temps qu’il lui administre un traitement.

Le village, rappelle-t-il, a été fondé par son arrière-grand-père, Hamady Kâ, qui ‘’était un homme religieux’’. Après lui, son fils aîné Al Hassane, et plus tard son père, Alpha Djiby Kâ ont repris les rênes.

Il dit recevoir quotidiennement des malades mentaux et d’autres personnes pour diverses sollicitations, de manière à perpétuer cette tradition léguée par ses ancêtres, et qui fait la particularité du village.

Occupé à l’origine par la seule famille de Hamady Kâ, Mbékheul Peul a fini d’être un lieu d’habitation très prisés par des habitants des villages riverains, du fait de la popularité dont jouit son fondateur. La localité est devenue au fil du temps, un ‘’melting-pot’’, où convergent différentes ethnies, une situation qui n’altère en rien ses fondements et sa hiérarchie traditionnelle.

 

On y accède par une piste latéritique longue d’une quinzaine de kilomètres. Dès son arrivée à la lisière du village, le visiteur se rend vite compte que Mbékheul Peul est un village traditionnel, du fait de son décor et de ses habitations.

”L’histoire de la localité est intimement liée à ce baobab mythique implanté au milieu de la concession familiale’’, explique le chef religieux de Mbékheul Peul. Cet arbre a été planté ici par le fondateur du village, Hamady Kâ, qui en avait fait un lieu de recueillement et de prières, a-t-il ajouté.

A la question de savoir si ce baobab renferme un mystère, le chef du village répond : ‘’Je n’en sais pas plus que vous’’.

”Mes parents m’ont laissé un héritage et des formules de prières que j’applique à la lettre. Et je ne saurais dire un mot sur les fondements de ce mystère que mon père et moi avons trouvé comme tel’’, fait-il savoir.

Toutefois, le marabout se dit préoccupé par la sauvegarde de cet héritage et souhaite surtout veiller sur le baobab qui est à la limite la ‘’carte d’identité’’ du village de Mbékheul Peul.

DS/ASB/OID/ASG

 

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