Kaolack, 5 juil (APS) – L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a dégagé une enveloppe d’environ 150 millions de francs CFA pour appuyer le Sénégal dans le processus d’éradication de la mouche tsé-tsé, a indiqué mercredi à l’APS un responsable de son bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest.

‘’Après une première phase très concluante dans la zone des Niayes du Sénégal, en partenariat avec les institutions nationales et internationales, la FAO a jugé utile de poursuivre le processus d’éradication de la mouche tsé-tsé dans la lutte contre la trypanosomose dans les Niayes, le Delta du Saloum et la Casamance’’, a notamment indiqué Ibrahima Faye, associé au programme bureau pays FAO.

Il intervenait à Kaolack (centre), au lancement officiel du Programme de coopération technique (TCP)/SN/3902 et des travaux d’un atelier de formation des techniciens du ministère de l’Elevage et des Productions animales sur les techniques de lutte contre les mouches tsé-tsé, qui se tient jusqu’à samedi.

Dans le cadre du Programme par pays, référentiel des interventions de la FAO au Sénégal, cette institution onusienne a accepté de mettre à disposition ce financement pour appuyer le ministère de l’Elevage et des Productions animales à endiguer ce fléau qui a un ‘’impact socio-économique’’ sur le cheptel et les populations, a-t-il informé.

‘’Ce fonds catalytique à la mise en œuvre d’actions d’envergure nationale, contribuera à la mise en place d’une surveillance entomologique et parasitologique de la trypanosomiase dans les zones potentielles d’élevage au Sénégal et dans les pays limitrophes’’, a souligné M. Faye. Il a révélé que les glossines (mouches tsé-tsé) infectent dix millions de km2 sur le continent africain et sont les vecteurs des trypanosomoses animales et humaines.

Pour le représentant du coordonnateur du bureau sous-régional de l’Afrique de l’Ouest de la FAO, les trypanosomoses animales représentent une ‘’contrainte majeure’’ au développement et à l’intensification de l’élevage.

‘’La FAO estime que plus de trois millions de bovins meurent de trypanosomose chaque année. En outre, il y a d’importantes pertes indirectes dans le secteur de l’élevage, en raison de l’avortement, de l’infertilité, de la perte de poids, de la réduction de la traction animale et de la production laitière. Les pertes annuelles directes liées à la trypanosomose animale sont actuellement de l’ordre d’un milliard-cinq-cent millions de dollars US’’, a révélé M. Faye.

Au Sénégal, poursuit-il, les surfaces infestées sont estimées à 60 000 km2. La zone des Niayes abrite d’importantes fermes laitières composées de races exotiques, métisses et locales très sensibles à la trypanosomose. C’est ce qui justifie selon lui la pertinence d’avoir un tel projet de lutte.

‘’La croisade contre la mouche tsé-tsé et les trypanosomoses animales étant réalisée dans les Niayes, c’est le moment maintenant d’étendre la lutte vers le centre du Sénégal et, plus tard, dans le sud du pays. Ce qui signifie qu’une alliance autour de ce fléau regroupant les partenaires au développement et le secteur privé est nécessaire pour une lutte efficace et durable’’, a-t-il fait valoir.

ADE/MD/ASG

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