Dakar, 16 oct (APS) – Les professionnels de santé publique et communautaire et du secteur humanitaire ont entamé, lundi, à Dakar, une formation de cinq jours, sur l’anthropologie des épidémies émergentes, dans l’objectif d’améliorer leurs compétences dans ce domaine, a constaté l’APS.

Cette formation est organisée par le Centre Régional de Recherche et de Formation à la Prise en Charge Clinique de Fann (CRCF), avec le soutien de l’ANRS (Agence nationale de la recherche scientifique appliquée) et du RAEE (réseau anthropologie des épidémies émergentes).

Selon les organisateurs, ‘’cette formation doit permettre de comprendre et d’analyser les dimensions sociales, économiques, culturelles, environnementales, sanitaires et politiques liées aux épidémies émergentes’’.

Ils signalent qu’au Sénégal, rien que cette année, plusieurs épidémies sont en cours, notamment dans la région de Kédougou confrontée à une épidémie de chikungunya, ‘’sans compter la recrudescence des épidémies liées aux maladies de l’enfance telles que la poliomyélite ou la rougeole’’.

La formation permettra de sensibiliser les participants sur les enjeux sociaux et sanitaires de la préparation et de la réponse aux épidémies émergentes en mettant l’accent sur les dimensions opérationnelles. Ils pourront également partager leurs expériences durant les épidémies de Covid-19 et de Chikungunya.

”L’idée c’est de prendre ce savoir qui en général est destiné à la littérature scientifique et de le transformer en des outils qui pourront être accessibles aux acteurs opérationnels (…)”, a expliqué Dr Khoudia Sow, Médecin socio-anthropologue et chercheur au CRCF.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, elle a précisé que plusieurs thématiques sont au menu de cette formation. Elle a cité les épidémies liées aux maladies infectieuses, l’expérience des patients, le cycle épidémique, la compréhension de la résistance aux antimicrobiennes, etc.

”Plus d’une centaine d’anthropologues se sont constitués en réseau pour essayer de répondre aux sollicitations liées à la santé publique pour venir appuyer le programme de riposte à l’épidémie de maladie à virus d’Ebola”, a pour sa part soutenu Dr Marc Egrot, chercheur à l’institut de recherche pour le développement.

Il estime que les acteurs ont besoin d’une approche globale où ils vont prendre en compte l’ensemble des problèmes qui sont induits par l’épidémie pour avoir les approches systémiques.

L’anthropologue à l’institut de recherche en sciences de la santé au Burkina Faso, Blandine Bila, a souligné l’importance de cette formation.

”(…) Nous voyons que notre région est de plus en plus concernée par toutes sortes d’épidémies qui se succèdent, notre réseau a un travail de formation et de soutien des acteurs pour leur permettre de jouer un rôle dans ce domaine”, a t-elle dit.

AMN/ST/OID

 

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