Ziguinchor : plus de 62 000 personnes enrôlées à l’état civil grâce au processus de paix (COSPAC)
Ziguinchor : plus de 62 000 personnes enrôlées à l’état civil grâce au processus de paix (COSPAC)

SENEGAL-SOCIETE

Bignona, 13 mai (APS) – Le nombre de personnes enrôlées à l’état civil dans la région de Ziguinchor (sud) est passé de 55 000 à 62 000, à la faveur de l’accalmie notée dans le cadre du processus de paix en Casamance, a annoncé mercredi, à Bignona, Henry Ndecky, le coordonnateur des organisations de la société civile pour la paix en Casamance (COSPAC).

“Plus de 62 000 personnes de la région de Ziguinchor ont été enrôlées à l’état civil dans le cadre du processus de paix en Casamance, contre environ 55 000 auparavant”, a déclaré M. Ndecky lors d’une journée de communication sur le processus de paix et de réflexion sur la situation dans le Nord-Sindian.

Cette rencontre est organisée dans le cadre de l’accord de paix signé le 13 mai 2023 à Mongone, en présence du préfet de Bignona, Mamadou Khouma, de partenaires et d’un public nombreux.

Ces résultats ont été obtenus grâce à “l’engagement sans faille” des autorités sénégalaises, a dit le coordonnateur de la COSPAC. Henry Ndecky a salué notamment les initiatives prises par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le Premier ministre Ousmane Sonko, à travers une réunion interministérielle consacrée à la question de l’état civil.

Cette rencontre marquait la troisième édition d’une initiative visant à consolider les acquis des négociations entre l’État du Sénégal et les parties impliquées dans le processus de paix, a-t-il rappelé.

Il a indiqué que la demande formulée par le chef de l’État le 24 décembre 2021 avait été “immédiatement mise en application”, contribuant ainsi à accélérer plusieurs engagements contenus dans l’accord de paix.

Le coordonnateur de la COSPAC a également salué le rôle joué par les différents facilitateurs et acteurs du dialogue.

Il a souligné que les armes se sont progressivement tues dans plusieurs zones grâce au dialogue, à la médiation et aux programmes d’intégration des anciens combattants dans leurs familles et dans les projets de développement de l’État.

Évoquant la situation dans certaines localités, Henry Ndecky a rappelé que la région de Ziguinchor comptait auparavant environ 8 000 personnes concernées par les opérations d’état civil avant l’élargissement du processus.

Il a plaidé pour l’extension des opérations aux régions de Sédhiou et de Kolda afin de garantir davantage d’équité entre les populations bénéficiaires.

Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre l’accompagnement socio-économique des ex-combattants après l’arrêt de certains programmes d’appui.

Henry Ndecky a enfin invité les partenaires internationaux et les ONG à accompagner le Sénégal “dans le respect du principe de souveraineté”, estimant que leur rôle devait être “d’être aux côtés du Sénégal et non devant”.

Ziguinchor : plus de 62 000 personnes enrôlées à l'état civil grâce au processus de paix (COSPAC)

Revenant sur les effets du retour progressif de la paix, il a affirmé que celle-ci permet désormais à des enfants ”d’aller à l’école sans peur, à des paysans de travailler sans crainte et à des femmes de mener librement leurs activités commerciales”.

“La paix n’est pas un simple destin, mais un futur à construire chaque jour”, a-t-il déclaré.

La Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, est le théâtre de l’un des plus vieux conflits du continent.

Des indépendantistes ont pris le maquis après la répression d’une manifestation en décembre 1982 à Ziguinchor, principale ville du sud du pays.

Le conflit a fait des milliers de victimes et porté un coup sévère à l’économie locale.

En 2022, l’armée sénégalaise a mené des opérations d’envergure contre des bases rebelles, contribuant à renforcer l’accalmie et à favoriser le retour de nombreuses personnes déplacées dans leurs villages d’origine.

En mai 2023, quelque 250 combattants du MFDC, notamment de la faction de Diakaye, ont déposé les armes.

MNF/ASB/MTN