Des boulangers réclament un conseil interministériel consacré aux difficultés du secteur
Des boulangers réclament un conseil interministériel consacré aux difficultés du secteur

SENEGAL-SOCIETE

Dakar, 13 mai (APS) – La Fédération nationale des boulangers du Sénégal (FNBS), a, mercredi à Dakar, par la voix de son président, Amadou Gaye, réclamé la ‘’convocation urgente’’ d’un conseil interministériel devant déboucher sur la définition d’une feuille route dont la mise en œuvre pourrait permettre de résoudre les problèmes auxquels le secteur est confronté.

‘’Nous demandons une convocation urgente d’un conseil interministériel avec la participation des ministères en charge de l’Industrie et du Commerce, des Finances, de l’Energie, de l’Environnement, de la Formation professionnelle et de l’Intérieur. La police et la gendarmerie qui contrôlent des circuits informels doivent y participer”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. 

Amadou Gaye a par ailleurs invités les autorités étatiques à mettre en œuvre les engagements pris dans la foulée de la décision du gouvernement de faire passer le prix de la baguette de pain de 190 grammes de 175 francs à 150 francs.

‘’Depuis deux ans, nous alertons, documentons la crise et faisons face à un mur de silence’’, a dénoncé M. Gaye, regrettant que les engagements pris par l’Etat n’ont jusque-là pas été suivis d’effets. 

Il fait noter que ‘’le maintien artificiel’’ du prix du pain à 150 francs Cfa, sans les mesures d’accompagnement nécessaire a plongé le secteur de la boulangerie dans une impasse financière.

‘’Comment maintenir un prix social à 150 FCFA quand l’électricité explose, quand la levure et les améliorants flambent, quand la farine se raréfie et que nos fours s’arrêtent, faute de diesel en quantité suffisante ? s’est-il interrogé.

Il signale que le secteur est miné par un désordre résultant de la non application du décret régissant son organisation. Selon lui, cet état de fait a favorisé le développement de circuits informels et l’effondrement du secteur formel.

Face à cette crise qui menace la survie de plus de 2 500 boulangeries à travers le pays, la FNBS a, selon président, proposé un plan de sauvetage.

Il s’agit, a-t-il fait savoir, de fixer un prix de référence à 200 francs Cfa pour 210 grammes afin de couvrir les coûts réels et de maintenir les formats sociaux à 150 francs Cfa et 100 francs Cfa pour préserver le pouvoir d’achat.

Le président de la FNBS préconise dans le même temps la suppression de la TVA sur les factures d’électricité et la mise en place d’une tarification spécifique pour les boulangers, reconnaissant le pain comme un produit social.

Amadou Gaye suggère aussi les subventions pour l’acquisition de kits solaires et équipements d’efficacité énergétique.

Il a averti qu’un plan d’action national pourrait être mis en place par les boulangers si des mesures concrètes n’étaient pas prises par les autorités pour régler cette situation.

‘’Nous ne voulons pas la confrontation. Nous voulons un dialogue sincère, suivi d’effets immédiats. Mais, nous n’accepterons plus l’extinction silencieuse de nos boulangeries’’, a-t-il prévenu.

CMS/FKS/HB/AKS