SENEGAL-SANTE-SENSIBILISATION
Dakar, 20 août (APS) – L’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) ambitionne de renforcer le système national de pharmacovigilance en s’appuyant davantage sur les marraines de quartier “Badienou Gokh” et les acteurs communautaires, considérés comme des relais essentiels pour sensibiliser les populations à la sécurité et au bon usage des médicaments, a indiqué, jeudi, sa directrice, Aïssatou Sougou.
“Le rôle de l’agence ne s’arrête pas seulement à autoriser les médicaments, mais également à veiller à leur sécurité et à leur usage rationnel par la population sénégalaise”, a-t-elle expliqué au cours d’un atelier de formation organisé par l’ARP à l’intention des acteurs communautaires.
L’objectif général de cet atelier est de contribuer à renforcer le système national de pharmacovigilance par leur implication active, selon les organisateurs.
Mme Sougou a fait observer que les “Badienou Gokh” constituent “le cœur du système communautaire” et peuvent jouer “un rôle déterminant” dans la transmission des messages de santé auprès des populations.
Sur cette base, l’ARTP souhaite les inciter à cultiver le réflexe de signaler les effets indésirables ou l’absence d’efficacité d’un médicament, selon sa directrice générale.
Elle a insisté sur le fait que “signaler un problème lié à un médicament ne veut pas dire dénoncer, le médicament n’étant pas nécessairement responsable”.
“Les notifications permettent surtout à l’agence d’analyser les produits concernés, d’évaluer leur sécurité et leur pertinence et, au besoin, de prendre les mesures appropriées”, a expliqué la DG de l’ARP.
Le choix des “Badienou Gokh” s’explique, d’après Mme Sougou, par leur proximité avec les populations et leur rôle de leaders communautaires.
Une fois formées à la pharmacovigilance, elles pourront relayer les messages auprès des femmes, des hommes et des enfants dans leurs zones d’intervention pour le bien-être et l’usage rationnel du médicament, a-t-elle souligné.

L’ARP souhaite ainsi faire de la notification des problèmes liés aux médicaments un réflexe au sein des communautés.
La démarche doit permettre de recueillir davantage d’informations sur les effets indésirables et les éventuels défauts d’efficacité des produits utilisés par les populations.
La pharmacovigilance est également présentée comme un moyen de contribuer à la lutte contre les médicaments sous-standards ou contrefaits.
Le Sénégal, a rappelé la DG de l’ARP, “mène ce combat depuis plus de trente ans”, ajoutant que le phénomène a depuis “connu un recul important, notamment grâce à l’action des communautés et des professionnels de santé”.
Elle a annoncé la poursuite du programme de surveillance du marché mis en œuvre par l’ARP, ainsi que la perspective d’une Semaine nationale de lutte contre les faux médicaments destinée à renforcer la sensibilisation des populations.
“Nous voulons qu’il y ait plus de notifications, parce que plus de notifications nous permettra une meilleure détection au niveau de l’Agence sénégalaise de réglementation”, a-t-elle déclaré.
L’ARP entend également poursuivre sa collaboration avec les forces de défense et de sécurité et les services des douanes dans la lutte contre ce phénomène, tout en encourageant une participation plus active des populations.
NSS/BK
