Le continent appelé à reprendre le contrôle du financement de la santé
Le continent appelé à reprendre le contrôle du financement de la santé

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Casablanca, 4 mai (APS) – L’ancienne ministre française de la Santé, Agnès Buzyn, a invité, lundi, à Casablanca (Maroc), les Etats africains à reprendre le contrôle du financement de la santé, afin de rendre résilients les systèmes de santé dans un contexte marqué par une baisse de l’aide extérieure.

“L’Afrique doit utiliser ce défi de la baisse de l’aide extérieure dans le secteur de la santé comme une opportunité”, a-t-elle déclaré.

Elle prenait part au panel portant sur le thème “Comme les contrats d’aide traditionnels, le moment pour l’Afrique est de concevoir des écosystèmes financiers durables tout en fournissant des soins de manière constante. Nous examinons les instruments”.

Ce panel se tenait dans le cadre du GITEX Future Health Africa, première édition du Salon international du futur de la santé africaine, ouverte le même jour et qui se poursuivra jusqu’au 6 mai prochain.

Mme Buzyn a fait observer que la moyenne des budgets consacrés à la santé par les pays membres de l’OCDE, Organisation de coopération et de développement économique, est de 9,9%.

“Il faut un système souverain et solidaire”, a-t-elle dit, en parlant de l’importance de reprendre le contrôle du financement de la santé.

Selon Mme Buzyn, “les pays africains bénéficiaires vont entrer dans une période de grande vulnérabilité, de risque avec un vrai gap de financement”.

D’où l’intérêt, selon l’ancienne ministre française de la Santé, d’avoir un plan séquentiel de transition dans une perspective de diminution des financements.

“Le capital domestique, les fonds souverains, les partenariats public-privé basés sur les résultats qui garantissent que les cliniciens doivent être soutenus, afin que les établissements continuent à être entretenus et que les services essentiels restent ininterrompus”.

Elle a fait état d’un risque d’inégalités dans l’offre et l’accès aux soins, Agnés Buzyn recommande aux Etats d’avoir “un rôle de coordination” pour pallier cette situation, estimant que le système de santé doit être pensé en termes d’universalité.

“Il faut une visibilité pluriannuelle pour une visibilité et une projection à l’avenir, avec une vision horizontale prenant en compte les soins primaires et la gestion des hôpitaux”, a recommandé l’ancienne ministre française.

“L’Afrique doit utiliser ce défi de la baisse de l’aide extérieure dans le secteur de la santé comme une opportunité. La façon dont on paye le système, les systèmes assurantiels passent par des espaces digitaux”, a souligné Mme Buzyn.

Les faiblesses la capacité à relier les financements en termes de résultats de santé, sont à adresser, relève-t-elle, insistant sur “la façon dont on finance et l’impact dans la prise en compte des besoins des populations”.

“Le digital est important lorsqu’il rend efficient le système. Il faut le positionner au bon endroit parce qu’il ne peut pas substituer la gouvernance de la santé”, a-t-elle conclu.

NSS/BK