SENEGAL-AFRIQUE-SANTE
De l’envoyée spéciale de l’APS, Ndèye Suzanne Sy
Casablanca (Maroc), 4 mai (APS) – Le continent africain doit miser sur des actions structurantes basées notamment sur un renforcement des partenariats pour atteindre la souveraineté sanitaire et bâtir un marché continental du vaccin, a préconisé, lundi, à Casablanca, Marc Funk, directeur exécutif de Marbio Suisse, une entreprise de production de vaccins.
“La souveraineté sanitaire ne doit pas rester un concept, elle doit se traduire par des actes concrets. Si on veut avoir une autonomie vaccinale et une chaine de valeur sur le continent, il faut un marché”, a déclaré Marc Funk.
Il animait un panel portant sur le thème “Prioriser l’autonomie sanitaire n’est pas de la philanthropie santé”, au GITEX Future Health Africa, le Salon international du futur de la santé africaine, ouvert le même jour, à Casablanca, au Maroc, où il se poursuivra jusqu’au 6 mai prochain.
“Les États africains demeurent aujourd’hui majoritairement des consommateurs de vaccins, plutôt que des acteurs de leur production”, a rappelé M. Funk.
Selon le directeur exécutif de Marbio, le modèle actuel, basé notamment sur les dons internationaux, a certes permis de sauver des millions de vies, mais il a ses limites, avec notamment la réduction de près de 12 % des budgets alloués à ces mécanismes de financement.
Dans ce sens, le directeur exécutif de Marbio Suisse a insisté sur la nécessité, pour l’Afrique d’évoluer progressivement vers un statut de producteur de vaccins, soulignant que la mise en place d’une autonomie vaccinale et d’une chaîne de valeur complète passe impérativement par l’existence d’un marché structuré et d’une autorité réglementaire forte.
“Sans marché, il n’y a pas de vaccin, et sans cadre réglementaire solide, il ne peut y avoir de souveraineté vaccinale”, a-t-il affirmé, précisant que la construction d’un tel écosystème nécessite un engagement sur le long terme pouvant atteindre 25 ans pour devenir opérationnel.
Marc Funk a également insisté sur l’importance de la coordination entre les 54 pays africains, estimant que “le principal défi ne réside pas dans la création d’unités industrielles, mais dans la capacité à harmoniser les cadres réglementaires et à penser en termes de marché continental”.
Sur cette base, il a plaidé pour une harmonisation des procédures d’enregistrement des produits de santé, citant l’exemple de l’Union européenne, et a appelé à se fixer l’horizon 2032 pour la mise en place d’un système réglementaire normatif à l’échelle africaine.
Il a, par ailleurs, mis en avant le rôle central des partenariats, public-privé et privé-privé, dans le développement de l’industrie vaccinale, notant que la production d’un vaccin mobilise une chaîne de valeur complexe comprenant plusieurs dizaines d’étapes.
Dans ce sens, il a recommandé l’élaboration d’une feuille de route africaine commune pour structurer les efforts et accélérer les progrès dans ce domaine.
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