SENEGAL-SANTE
Dakar, 4 mai (APS) – La directrice exécutive de l’association JGEN Sénégal, Women Global Entrepreneurship, Maimouna Astou Yade, a plaidé, lundi, pour une révision du statut des “Bajenu Gox”, marraines de quartier et actrices communautaires engagées dans la promotion de la santé maternelle et infantile.
“C’est une activité qui porte un plaidoyer national fort en faveur d’une révision du statut des Bajenu Gox, mais aussi du renforcement de leur positionnement communautaire et de leur partenariat avec les services de l’Etat”, a-t-elle déclaré à l’ouverture d’un atelier national de renforcement de capacités axé sur la prévention et la prise en charge des violences faites aux femmes et aux enfants.
Cette rencontre qui se poursuit jusqu’au jeudi 7 mai est initié par JGEN Women Global Entrepreneurship.
Elle a réuni les 46 présidentes départementales du réseau des “Bajenu Gox”, des représentants de l’Etat, le Bureau régional du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme ainsi que des membres de la GIZ, l’agence allemande de coopération internationale.

Mme Yade a plaidé pour une meilleure structuration de la chaîne de prise en charge des violences, estimant que des outils existent déjà pour cela, mais nécessitent d’être renforcés, notamment dans les zones décentralisées.
Selon elle, l’adhésion et l’accompagnement de l’État restent essentiels pour consolider les acquis du programme lancé en 2010, qui a contribué de manière significative à l’amélioration de la santé maternelle et infantile au Sénégal.
“Nous voulons des Bajenu Gox mieux outillées, mieux sécurisées et mieux prises en charge, capables d’accompagner efficacement les politiques publiques en matière de genre et de santé sexuelle et reproductive”, a-t-elle déclaré.
Sagar Gassama Ndiaye, point focal des “Bajenu Gox” au sein de la direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME), a souligné, de son côté, l’intégration progressive des questions de violences basées sur le genre dans les outils pédagogiques.
“La DSME, lors de la dernière révision, a intégré un module sur les violences dans le manuel des Bajenu Gox”, a-t-il signalé, ajoutant qu’un document d’orientation stratégique, en cours de finalisation, prend également en compte ces enjeux.
Elle a évoqué la perspective d’organiser des sessions d’orientation à l’échelle nationale pour les 11 250 “Bajenu Gox” recensées, afin de renforcer leurs compétences dans la prise en charge des violences.

Intervenant au nom des bénéficiaires, la présidente nationale des “Bajenu Gox”, Ndèye Fatou Diallo, a évoqué, pour sa part, les difficultés rencontrées sur le terrain.
“Les Bajenu Gox sont fatiguées. Nos activités accaparent tellement notre temps que, parfois, nos familles en pâtissent”, a-t-elle confié, ajoutant : “C’est par dignité que nous poursuivons cet engagement communautaire”.
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