Des chercheurs planchent sur la mise en place d’une feuille de route pour une gestion intégrée du littoral
Des chercheurs planchent sur la mise en place d’une feuille de route pour une gestion intégrée du littoral

SENEGAL-ENVIRONNEMENT-SCIENCES

Dakar, 21 sept (APS) – Une feuille de route destinée à renforcer la résilience et la gestion intégrée du littoral sénégalais sera élaborée à l’issue d’un atelier de cadrage ouvert, lundi, à Dakar à l’initiative de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS).

”L’idée est de sortir de cette rencontre avec une feuille de route précise sur ce qu’il y a lieu de faire avec la mobilisation de tous les acteurs qui vont apprendre à travailler ensemble en synergie”, a expliqué Dr Ousmane Kane, le vice-président de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal et président de la section des sciences agricoles.

La rencontre organisée en collaboration avec le centre de suivi écologique (CSE) vise à dresser un état des lieux actualisé du littoral sénégalais et à définir les priorités d’actions, a t-il souligné.

Pour Dr Kane, il s’agit de voir comment arriver à avoir un partenariat dans une approche de synergie d’action entre tous les acteurs. Il a relevé que c’est une problématique qui interpelle beaucoup d’acteurs comme les scientifiques, les économistes, les juristes, entre autres.

”Il est important que la gestion du littoral d’une façon globale fasse l’attention non seulement de l’académie et de ses partenaires, mais également de toute la population et des pouvoirs publics”, a estimé le vice-président de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal.

Pour sa part, le professeur Ibrahima Ly, également vice-président de l’ANSTS et président de la section des sciences humaines, a insisté sur l’importance de faire le point des connaissances scientifiques, ”parce que le littoral subit beaucoup de transformations”.

M. Ly a aussi mis en avant la nécessité d’un ”meilleur contrôle des occupations du littoral ainsi qu’une réflexion sur la question des financements”.

Sur le financement, le professeur Ibrahima Ly a estimé que l’effort ne devrait pas reposer uniquement sur l’Etat, évoquant notamment la contribution du secteur privé, les partenariats publics-privés et l’appui des partenaires au développement.

“Le littoral doit être protégé et non agressé. Or actuellement, il est agressé, il est pollué, il est occupé de manière désordonnée”, a-t-il relevé, rappelant que le Sénégal ne dispose pas encore d’une loi spécifique sur le littoral.

Toutefois, il a précisé qu’un projet de loi est en discussion depuis plusieurs années.

Pour le directeur général de la Recherche et de l’Innovation, Hamidou Datt, la gestion du littoral constitue une problématique complexe impliquant plusieurs acteurs et plusieurs facteurs.

Il a cité notamment la montée du niveau de la mer, l’érosion côtière, la spéculation foncière, la pollution ainsi que les activités des populations et des pêcheurs.

“Il ne s’agit pas d’éliminer tel ou tel acteur. Il s’agit de proposer un modèle optimal d’intégration”, a préconisé le représentant du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Hamidou Datt a souligné que cette réflexion revêt une importance particulière dans le contexte actuel, marqué par l’entrée du Sénégal dans la production pétrolière et gazière.

À l’issue de la rencontre qui prend fin mardi, les participants devraient ainsi disposer d’une feuille de route précisant les actions à mener et favorisant une meilleure synergie entre les différents acteurs intervenant dans la gestion du littoral.

La rencontre organisée en collaboration avec le centre de suivi écologique vise à dresser un état des lieux actualisé du littoral sénégalais et à définir les priorités d’actions.

Elle a réuni plusieurs chercheurs, des représentants de ministères impliqués, des partenaires techniques et financiers, des membres de la société civile et acteurs locaux.

TAB/ADL/MTN/FKS