SENEGAL-AFRIQUE-ENVIRONNEMENT
De l’envoyé spécial de l’APS: Abibou Ndiaye
Accra, 21 sept (APS)-Le responsable du programme changement climatique à la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Raoul Kouamé a relevé, lundi, les principaux défis climatiques auxquels l’Afrique de l’ouest est confrontée, invitant notamment les Etats membres à traduire en actions concrètes leurs engagements à travers la législation, la gouvernance, la programmation et le financement.
‘’Le défi n’est plus seulement de définir des engagements ‘’, a-t-il d’abord relevé, notant que les États membres ont déjà pris des engagements dans le cadre de l’Accord de Paris, à travers notamment leurs Contributions déterminées au niveau national (CDN).
Il s’exprimait à l’ouverture dans la capitale ghanéenne de la deuxième session extraordinaire du l’institution parlementaire placée sous le thème : ‘’changements climatiques, sécurité humaine et développement durable dans la région de la CEDEAO’’.
Selon M. Kouamé, l’enjeu consiste désormais à assurer une ‘’traduction effective de ces engagements au niveau national et régional, à travers notamment le mandat légal, la gouvernance, la programmation, le financement, l’exécution et la responsabilité ‘’.
La CEDEAO, fait-t-il savoir, ‘’n’est pas partie à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ni à l’Accord de Paris, auxquels ses États membres ont adhéré individuellement’’.

‘’L’organisation communautaire joue ainsi un rôle de coordination et d’appui aux États membres dans la mise en œuvre de leurs engagements internationaux’’, a expliqué son responsable en charge du changement climatique
Raoul Kouamé indique par ailleurs que ‘’les risques climatiques transcendent les frontières ‘’, ajoutant : ‘’la valeur ajoutée de l’action régionale réside dans la coordination, l’harmonisation et la mise en commun des ressources ‘’.
En cela, il a cité le partage de connaissances et des données, le renforcement des capacités techniques et le développement de projets régionaux susceptibles de faciliter l’accès aux financements climatiques comme ‘’les principaux axes d’intervention régionale’’.
Il s’est aussi attardé sur la Stratégie régionale adoptée en 2022 et qui établit un cadre d’intervention sur le climat à l’horizon 2030, avec une perspective à long terme jusqu’en 2050.
Cette stratégie couvre notamment l’adaptation et l’atténuation dans des secteurs tels que l’agriculture, l’eau, les zones côtières, la biodiversité, l’énergie, les transports et la gestion des déchets, a-t-il expliqué.
Il a également évoqué les travaux engagés au niveau communautaire autour du marché du carbone, notamment dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris.
Raoul Kouamé indique a toutefois relevé plusieurs difficultés dans la mise en œuvre de l’action climatique régionale, faisant allusion à la ‘’fragmentation des cadres institutionnels, les différences de capacités entre les États membres et les difficultés d’accès aux financements climatiques’’.
La mise en place d’un cadre régional doit permettre, selon lui, de mieux harmoniser les dispositifs nationaux et ainsi faciliter la mobilisation de ressources pour financer l’action climatique.
‘’Nous devons faire fonctionner une chaîne régionale complète ‘’, a insisté M. Kouamé, appelant à renforcer la gouvernance climatique intersectorielle, à accélérer la mise en œuvre du plan d’action 2022-2030 et à améliorer la responsabilisation dans l’exécution des politiques climatiques.
AN/SMD
