SENEGAL-FRANCE-SANTE
Dakar, 14 mai (APS) – Une centaine de médecins et de spécialistes du secteur ont bénéficié mercredi à Dakar d’une formation en myologie délivrée par des spécialistes français des maladies neuromusculaires, a appris l’APS de ses initiateurs, jeudi.
La formation était principalement destinée aux résidents de neurologie et de pédiatrie du centre hospitalier national universitaire de Fann. Elle portait notamment sur le thème : ”motoneurone et jonction neuromusculaire : prise en charge des maladies neuromusculaires”.
‘’Je suis à Dakar depuis deux jours en compagnie de deux autres experts co-animer une école de formation en myologie qui est la science relative aux muscles, à ses dysfonctionnements,’’ a indiqué à l’APS le professeur Andoni Urtizberea, expert en maladies neuromusculaires en France.
‘’Cette formation était destinée aux résidents, aux spécialistes en formation, qui viennent de l’essentiel du Sénégal, mais aussi des autres états de la sous-région’’, a-t-il souligné.
Il a assuré que la formation avait permis de mettre la lumière sur des maladies qui sont très peu connues, ‘’qui sont rares, parfois ultra-rares, et pour lesquelles on dispose maintenant de moyens, à la fois de diagnostics et surtout de traitements, plus ou moins efficaces selon les maladies, et qui révolutionnent la vie des patients’’.
Il a rappelé que l’école de biologie de Dakar est à sa deuxième édition, la première ayant eu lieu il y a trois ans. ‘’Ceux sont des maladies qui ne sont pas spécifiques ni à l’Amérique, ni en Europe, ni au continent africain. Elles sont vraiment réparties dans tout le monde’’, a-t-il fait observer.
‘’L’objectif, c’est qu’ils sachent les reconnaître, les diagnostiquer et proposer, à défaut de les traiter, de les guérir, mais au moins de s’en occuper et de faire une bonne prise en charge, le tout étant agrémenté aussi d’un accompagnement social’’, a martelé Andoni Urtizberea.
En dehors de l’aspect formation pour les professionnels, a-t-il ajouté, une journée d’échange avec les familles et les patients sont concernés par ces maladies neuromusculaires rares, s’est tenu, ‘’pour partager avec eux leurs inquiétudes, leurs espoirs, leur quotidien, et la nécessité de travailler tous ensemble’’.

Sa collègue, France Leturcq, généticienne, estime que c’est très important de mettre un nom sur ces maladies qui sont ‘’très rares’’, aussi ‘’très présentes’’, et qui auront peut-être des caractéristiques différentes des maladies trouvées chez les patients en Europe.
‘’C’est important de connaître exactement quelle est l’anomalie dans le gène, qui va pouvoir être soignée par tel ou tel médicament qui sera mis au point après des années de recherche’’, a-t-elle fait remarquer.
Elle a répété que le but de son voyage avec ses collègues était de nouer une collaboration avec des médecins locaux de façon à les former à justement être attentifs à la fois aux différences signe cliniques, à la fois à l’évolution de ces maladies, pour pouvoir après travailler avec eux sur la rééducation et sur la prise en charge.
‘’Si on compare le génome des enfants africains au génome de nos enfants caucasiens, c’est sûr qu’on va trouver des différences et ces différences-là sont importantes à comprendre pour pouvoir mieux signer avec des traitements qui sont spécifiques du variant, d’où l’importance de pouvoir comparer les génomes des enfants africains à ceux américains ou caucasiens’’, renseigne la généticienne.
‘’Il faut savoir que, pour l’instant, quand on travaille sur des bases de données qui sont mondiales, 97% des données sont des données de personnes qui sont blanches ou un peu asiatiques, mais seulement 3% correspondent au génome africain. Pour ça, il faut qu’on enrichisse ces bases avec des génomes d’enfants qui sont du continent africain’’, a préconisé France Leturcq.
AFD/AKS

