Un ‘’plan d’urgence’’ élaboré pour faciliter la vente du riz local
Un ‘’plan d’urgence’’ élaboré pour faciliter la vente du riz local

SENEGAL-COMMERCE-AGRICULTURE

Dakar, 8 juil (APS) – Le gouvernement a décidé de dérouler ‘’un plan d’urgence’’ destiné à la commercialisation du riz local, une initiative comprenant des mesures de régulation du marché et de contrôle des importations, des dispositifs de soutien financier à la filière et une campagne de promotion de ladite denrée alimentaire, a-t-on appris, mercredi 8 juillet, du ministère de l’Industrie et du Commerce.

Ces mesures ont été prises lors d’une réunion présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, selon la même source.

‘’La réunion a permis de prendre des mesures fortes visant à garantir l’écoulement prioritaire de la production nationale’’, assure le secrétaire général du même ministère, Seydina Aboubacar Ndiaye.

Des représentants de la Primature et des ministères chargés de l’Agriculture et des Finances ont pris part à la réunion, aux côtés de responsables d’associations d’importateurs de riz et d’acteurs de la filière rizicole, selon une note publiée par Ndiaye.

L’une des mesures prises va consister à réguler le marché du riz et à contrôler les importations. Il s’agit de suspendre la délivrance des déclarations d’importation de produits alimentaires pendant un mois.

Cette mesure vise à assécher le marché des stocks importés et à favoriser la consommation de la production locale.

‘’S’assurer de la priorité accordée à la production nationale’’

Le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce annonce que ‘’l’attribution de nouveaux quotas d’importation sera conditionnée à l’achat préalable, par les opérateurs économiques, de quantités définies de riz local’’.

Les stocks de riz blanc disponibles, estimés par la SAED à 37 000 tonnes, seront répartis entre les importateurs sénégalais.

Concernant les mesures de soutien financier à la filière rizicole, le prix d’achat du riz local par les importateurs est fixé à 280 francs CFA le kilo.

Une subvention de 50 francs CFA par kilo sera accordée par l’État aux riziculteurs. L’objectif de cette mesure est de maintenir la compétitivité du riz local face au riz importé, selon la note du ministère.

Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan est chargé d’émettre, dans les meilleurs délais, un acte administratif garantissant la couverture budgétaire de cette subvention.

Le ministère chargé du Commerce va dérouler une campagne de promotion du riz local, durant ‘’une longue période’’, dans le but d’encourager les Sénégalais à le consommer.

Les dernières mesures vont consister à assurer un ‘’pilotage logistique’’ et un ‘’suivi institutionnel’’ de la commercialisation du riz produit au Sénégal.

Pour ce faire, des ‘’opérations d’enlèvement du riz local par les [commerçants] démarreront dès la semaine prochaine’’, assure le secrétaire général du ministère de l’Industrie et du Commerce.

‘’Des mesures urgentes’’

‘’Conformément à [une] lettre circulaire [du] Premier ministre, les achats institutionnels (ceux des ministères et des autres entités publiques) feront l’objet d’un suivi rigoureux’’, ce qui permettra au gouvernement de ‘’s’assurer de la priorité accordée à la production nationale’’.

Un comité de suivi de la commercialisation du riz local, mis en place par les autorités, est chargé de tenir des réunions hebdomadaires pour leur présenter des rapports réguliers sur l’écoulement de cette denrée alimentaire.

Le Comité interprofessionnel du riz (CIRIZ) a appelé les autorités sénégalaises, lundi, à prendre des mesures urgentes contre la mévente du riz local dans la vallée du fleuve Sénégal (nord). Ses membres estiment que cette mévente peut compromettre la prochaine campagne de production de riz. 

‘’Nous, producteurs, commerçants, transformateurs et autres acteurs de la filière riz demandons aux autorités de prendre des mesures urgentes pour nous permettre de faire face à la crise de la commercialisation des récoltes de riz’’, a dit Pape Sandjiry Dièye. 

Il participait à une marche de protestation contre la mévente du riz produit dans le nord du pays. Une plateforme de commercialisation prévue dans le cadre d’une convention signée entre l’État et les acteurs de la filière riz devait permettre de mieux réguler les importations de riz et de bien vendre la production locale, selon le président du CIRIZ.

Les promesses faites aux riziculteurs n’ont pas été tenues, a-t-il dit, signalant que des stocks de riz sont en souffrance dans la vallée du fleuve Sénégal.

ESF