SENEGAL-FINANCES
Dakar, 24 sept (APS) – Le Sénégal a obtenu un score de 42 points sur 100, inférieur au seuil fixé en matière de transparence budgétaire, indique une enquête conduite en 2025 par l’International Budget Partnership (IBP) et rendue publique jeudi à Dakar.
‘’Le Sénégal a enregistré en termes de transparence 42 points sur 100, un score en deçà du seuil de transparence qui est de 61 sur 100’’, déclare l’IBP.
L’organisation non gouvernementale (ONG) 3D, chargée des questions de développement, des droits de l’homme et de la décentralisation, a pris part à l’enquête.
En matière de participation des citoyens au processus budgétaire, ‘’le Sénégal a fait un bond. En 2023, il avait obtenu la note 0 sur 100’’, a signalé Cheikh Tidiane Cissé, le directeur administratif de l’ONG 3D, ajoutant que le pays a obtenu six points sur 100 en 2025, concernant ce critère.
L’État du Sénégal a fait des ‘’efforts’’ en matière d’accès à l’information budgétaire, a-t-il observé lors d’une présentation de l’enquête.

‘’Concernant le contrôle budgétaire par contre, celui fait par les institutions de contrôle comme l’Assemblée nationale et la Cour des comptes, le Sénégal a reculé de deux points : de 33 points sur 100 en 2023, il en est à 31 sur 100 en 2025’’, a indiqué Cheikh Tidiane Cissé.
L’IBP présente son enquête comme une évaluation indépendante, qui mesure la qualité de la gouvernance budgétaire sur la base de trois critères : la transparence budgétaire, la participation du public au processus budgétaire et le contrôle budgétaire.
‘’Le Sénégal doit s’inspirer de l’exemple du Bénin, qui le dépasse de loin’’, a affirmé le directeur administratif de l’ONG 3D, estimant que les pouvoirs publics sénégalais doivent ‘’ouvrir davantage les mécanismes de gestion budgétaire aux citoyens’’.
‘’Il est nécessaire que les [autorités sénégalaises] puissent identifier les difficultés à l’origine de ces résultats et proposer un plan d’action pour améliorer la note du Sénégal lors de la prochaine enquête’’, a dit Cheikh Tidiane Cissé.
‘’Nous constatons qu’il y a des efforts à faire’’, a dit Abdoul Aziz Diagne, un représentant de la direction générale du budget du ministère sénégalais de l’Économie, des Finances et du Plan.

Les ‘’plus grandes lacunes’’ signalées par l’IBP, concernant le Sénégal, sont relatives à la participation publique budgétaire et à la publication de certains documents, selon M. Diagne.
‘’Ce ne sont pas des problèmes difficiles à résoudre. Un budget est […] voté au nom du peuple. Donc, l’accès des citoyens aux documents budgétaires ne devrait pas poser problème’’, a-t-il ajouté.
Djibril Badiane, le directeur des programmes de l’IBP pour l’Afrique francophone, rappelle que le budget doit faire l’objet d’une ‘’reddition des comptes’’ à la fin de l’exercice, ce que le Sénégal doit faire pour améliorer ses performances. ‘’C’est tout le sens de l’enquête’’, a-t-il dit.
Dans les enquêtes menées de 2017 à 2019 par l’IBP, a rappelé M. Badiane, le Sénégal faisait partie des bons élèves d’Afrique francophone. ‘’Il est dépassé maintenant par le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Cameroun’’, a-t-il signalé, ajoutant que l’International Budget Partnership fournit une ‘’assistance technique’’ aux États pour leur permettre d’améliorer leurs performances en matière de gestion des ressources publiques.
MFD/ESF/SMD
