SENEGAL-SANTE-SOCIETE
Elle assure en moyenne plus de 700 départs par jour vers les régions et vers les pays voisins. Cette gare est dotée d’une capacité totale de 1 500 places pour les véhicules.
Inaugurée en août 2014, ce point de ralliement qui s’étend sur 12 hectares dans la commune de Pikine offre également d’autres services annexes comme le commerce de détail, les services de transfert d’argent ou encore la restauration aux milliers de voyageurs en transit, chauffeurs et autres acteurs du transport.
Ici, pour se restaurer, la clientèle se dirige vers des restaurants nichés pour la plupart au premier étage de quelques bâtiments érigés non loin de l’entrée de cette gare routière.
Sur place, plus d’une vingtaine de commerçants s’activent pour proposer une grande variété de produits, allant du café, du thé et des jus au traditionnel ”forokh Thiaya”, dès les premières heures de la matinée.
Ils s’activent autour des fourneaux pour préparer les différents repas de la journée, en prenant en compte les impératifs économiques, des attentes de la clientèle, des exigences sanitaires d’une restauration de rue et des repas à proposer.
Les vendeuses affirment respecter les règles d’hygiène, l’état de certains équipements et les conditions de conservation des aliments mais des efforts restent à faire pour garantir une alimentation sûre à chaque étape de la chaine.
Dans les cantines, les gestes s’enchainent : certaines préparent les repas, d’autres servent les premières commandes.
Un peu plus loin, des vendeuses nettoient les bols et autres ustensiles. Aux abords des cantines, plusieurs bassines remplies d’eau parfois grisâtre ou à peine moussante sont alignées ; certaines d’entre elles, noircies par l’usage et fissurées, témoignent des conditions de nettoyage et d’hygiène.
Les murs portent les traces de la fumée de cuisson, tandis que la poussière et le vent s’engouffrent dans les cantines par des fenêtres fissurées. Dans un tel environnement à forte affluence, maintenir la salubrité reste un défi quotidien.
La salubrité, un défi quotidien
Selon les vendeuses interrogées, d’importants efforts sont faits pour assurer la salubrité des lieux. Dado Diallo, une de ces restauratrices, affirme que la salubrité reste au cœur de leurs préoccupations. ‘’Quand nous arrivons le matin, notre tâche première consiste à nettoyer nos espaces de travail”, dit-elle.

”Sur le plan de l’hygiène, la situation est maîtrisée. Quand nous arrivons le matin, nous trouvons déjà l’équipe de nettoyage à l’œuvre”, ajoute-t-elle, affirmant également que le service d’hygiène effectue régulièrement des contrôles sanitaires dans leurs espaces de travail.
Selon elle, en cas d’expiration du carnet de santé, le vendeur concerné est convoqué à une visite médicale pour le renouveler à l’hôpital.
Après la fermeture des cantines, précise Dado Diallo, ses assistantes nettoient la vaisselle et préparent le matériel pour le lendemain. Elle rappelle que le maintien de la propreté de chaque espace incombe aux commerçantes, venant ainsi compléter l’entretien général assuré chaque matin.
La restauratrice souligne aussi que la protection des aliments constitue une autre préoccupation. ”Pour celles qui disposent de vitrines, la poussière n’est pas un problème. Mais sans protection, la tâche devient bien plus difficile en cas de vent”, reconnaît-elle.
Ndeye Ndiaye, propriétaire d’un restaurant, indique, elle aussi, faire du respect des règles d’hygiène une exigence non négociable. ‘’Ce que je vends, c’est ce que je mange, et c’est ce que je donne à mon enfant. Tout ce que je peux faire pour que tout soit propre, je le fais’’, affirme-t-elle.
Pour elle, la propreté relève autant de la responsabilité professionnelle que de la conscience individuelle. ”Quand on prépare de la nourriture pour des êtres humains, si ce n’est pas propre, on est rattrapé par sa conscience”, dit-elle.
La restauratrice Mame Fatou Dieng abonde dans le même sens : ”Ce que vous ne consommez pas vous-même, vous ne devez pas le vendre aux autres”.
Elle estime que l’eau, les installations, les ustensiles et les aliments doivent être maintenus dans des conditions permettant de préserver la santé du consommateur. Selon elle, ”si l’on sert des plats insalubres, on risque de rendre le client malade”.
Un contrôle sanitaire jugé nécessaire
Pour Aminata Diallo, adjointe au maire de Guinaw Rail Sud et actrice de développement, la sécurité sanitaire des aliments exige aussi une mobilisation conjointe des vendeurs, des collectivités territoriales et de l’État. ”La sensibilisation doit impliquer en premier lieu les collectivités territoriales, le ministère de la Santé et l’ensemble des acteurs de la santé publique”, dit-elle.
Elle plaide pour un suivi impliquant également les groupements de femmes et les associations communautaires de base.
”On ne peut pas se permettre de vendre des aliments dans des conditions d’insalubrité”, insiste-t-elle, rappelant que les conséquences sanitaires peuvent dépasser le seul consommateur.

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