Touba : la rupture à la Grande Mosquée, une tradition bien établie
Touba : la rupture à la Grande Mosquée, une tradition bien établie

SENEGAL-RELIGION-REPORTAGE

Touba, 6 mars (APS) – Ils sont résidents ou de simples passants. Plusieurs centaines de fidèles rompent quotidiennement le jeûne à la Grande Mosquée de Touba (centre), à l’initiative du “dahira” Moukhadimatoul Khidma, selon une organisation millimétrée.

Après la prière de 17 heures, de jeunes disciples mourides affiliés à ce “dahira” (groupement religieux), chargé de la gestion de la grande mosquée, s’activent pour préparer l’accueil des jeûneurs.

Grâce à une répartition précise des tâches et à l’engagement de ses membres, tout est mis en œuvre pour offrir aux fidèles un cadre propice à la rupture du jeûne.

‎Peu avant l’heure de l’iftar, les habitués convergent vers la mosquée par petits groupes. Il y a parmi eux des ouvriers, des commerçants, des talibés et de simples passants venus partager ce moment de communion et de solidarité.

‎Les membres du “dahira” Moukhadimatoul Khidma participent activement à la préparation des repas. Répartis en équipes, ils interviennent à tour de rôle pour assurer le bon déroulement de l’organisation.

‎”Certains s’occupent de la vaisselle, d’autres préparent le café ou le bissap, tandis qu’une équipe est chargée de la mise en place”, a expliqué à l’APS Serigne Abdou Lahat Bousso, président de la commission culture du “dahira”.

Touba : la rupture à la Grande Mosquée, une tradition bien établie

Selon lui, l’année dernière, durant le Ramadan, le “dahira” a enregistré au moins 160 000 personnes ayant rompu le jeûne à l’intérieur de la mosquée, soit plus de 3 000 personnes par jour pendant tout le mois béni.

‎Il ajoute que près de trois millions de francs CFA sont dépensés chaque jour pour l’organisation des repas, une partie de cette enveloppe étant également consacrée à des actions sociales destinées à soutenir les personnes dans le besoin.

Serigne Abdou Lahat Bousso a rappelé que le “dahira” Moukhaddamatoul Khidma a lancé cette initiative – vivification du mois béni de Ramadan et “ndogou” dans la grande mosquée de Touba – en 2005, sur instruction de Serigne Saliou Mbacké, cinquième khalife général des mourides, de 1990 à 2007.

‎Les ressources mobilisées proviennent essentiellement des contributions de bonnes volontés ainsi que de disciples mourides établis au Sénégal et dans la diaspora, a-t-il indiqué.

‎En plus des repas de rupture du jeûne servis chaque jour à l’intérieur de la grande mosquée, des conférences sont également organisées quotidiennement autour de thématiques d’actualité inspirées notamment des enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur du mouridisme.

MS/BK