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Kédougou, 20 avr (APS) – Le préfet du département de Saraya, Babacar Niang, a relevé un déficit d’investissement d’infrastructures sociales de base et de routes dans certaines localités de ce département de la région de la région de Kédougou (est), frontalière du Mali et de la Guinée.
“Nous avons un certain déficit d’investissement d’infrastructures dans les localités frontalières, et nous savons que l’Etat est conscient de cette situation, parce que le PUMA [Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers] a déjà commencé à réaliser des ouvrages dans le département de Saraya”, a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’APS
L’autorité administrative a également fait état d’un déséquilibre d’investissement dans le département de Saraya, se traduisant notamment par le manque de routes reliant le département à d’autres localités voisines et le déficit d’infrastructures de base (santé, éducation, eau).
“Nous avons tous les recensements des déséquilibres que nous avons notés en terme d’investissements dans le département de Saraya dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et de la jeunesse”, a-t-il expliqué.
Le préfet a aussi indiqué que le département de Saraya est confronté chaque année à un déficit d’enseignants, une situation qui perturbe les cours, les enseignements et les apprentissages au niveau élémentaire, moyen et secondaire.
“Chaque année, on enregistre des centaines de départs malgré les efforts de l’administration de l’Education nationale. Et on peine à combler ce gap du déficit d’enseignants à Saraya”, a-t-il dit, annonçant que les services de l’Education nationale de Saraya sont en train de travailler pour trouver une formule afin de retenir les enseignants pour un temps dans ce département.
“Saraya risque d’être un département d’application. L’administration est en train de trouver une solution durable”, a expliqué Babacar Niang.
Il a en outre déploré le manque de routes dans certaines localités toujours impactées par la montée des eaux du fleuve Gambie et de la Falémé
“Nous avons un problème par rapport à la mobilité des personnes en période d’hivernage”, avec de nombreuses localités “coupées du reste du département. Nous avons beaucoup de rivières qui coupent la route durant l’hivernage’’, a-t-il déploré.
Il a toutefois annoncé que pour cet hivernage, l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE) et son partenaire, la Société sahélienne d’équipement terrassements (SOSETER), vont réaliser des ouvrages de franchissement de Saraya jusqu’à Saeinssoutou et entre Bembou Bransan et Sabodala.
“Le pont Missirah-Sirimana sera réalisé. Les marchés sont signés avec SOSETER et, bientôt, ça sera le démarrage des travaux. S’agissant de la sortie de Khossanto, la société minière Sabodala Gold Operations a répondu favorablement pour la réalisation d’un pont”, fait savoir le préfet.
Il a fait savoir que le département de Saraya a enregistré 129 personnes impactées par la crue du fleuve Falémé en 2025.
“Nous avons enregistré, l’année dernière, 129 cas de personnes impactées par le débordement du fleuve aggravé par l’exploitation illégale d’or. Du coup, les populations qui vivent à coté subissent les conséquences surtout en période d’hivernage”, a-t-il expliqué.
Babacar Niang a aussi précisé que le département de Saraya compte 14 villages électrifiés sur les 90 de la circonscription administrative.
“Pratiquement tout se trouve dans la commune de Sabodala avec 10 villages électrifiés sur les 13. En dehors de ces dix villages, il faudra ajouter la commune de Saraya, le village de Khossanto, Bembou et Diakhaba. Tous les autres villages ne sont pas électrifiés”, a-t-il précisé.
Il a en outre annoncé qu’un projet d’électrification piloté l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) est en cours de réalisation, sans compter les réalisations attendues du projet BEST (Projet régional d’accès à l’électricité et de stockage d’énergie par batterie) de la CEDEAO.
Le projet BEST, financé par la Banque mondiale, vise à étendre l’accès à l’électricité, notamment via l’énergie solaire et le stockage par batteries, dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Sénégal. Il prévoit d’électrifier électrifier plus de 1 000 localités et 97 000 ménages d’ici la fin de l’année 2026.
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