Créativité et innovation : plusieurs dispositifs d’accompagnement de l’Etat commencent à produire des effets visibles (tutelle)
Créativité et innovation : plusieurs dispositifs d’accompagnement de l’Etat commencent à produire des effets visibles (tutelle)

SENEGAL-SOCIETE-TIC

Dakar, 21 avr (APS) – Le directeur de l’économie numérique et des partenariats au ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Roger Thiam, s’est félicité du bilan “globalement positif” des mécanismes mis en place par l’Etat en faveur de l’écosystème des start-up au Sénégal.

Interpellé par l’APS dans le cadre de la Journée internationale de la créativité et de l’innovation, commémorée le 21 avril, il a souligné que “le Sénégal a franchi un cap avec l’adoption de la loi Startup Act en 2020, renforcée par le décret d’application n°2025-270 du 13 février 2025, qui marque l’entrée dans une phase  beaucoup plus concrète”. 

“Nous sommes désormais dans la structuration, avec un cadre plus lisible, une gouvernance plus claire et une plateforme officielle écosystème Startup”, a-t-il expliqué, notant une évolution vers “une logique d’outillage au-delà des annonces”.

Selon lui, “plusieurs dispositifs commencent à produire des effets visibles”, faisant  notamment allusion à l’opérationnalisation de la plateforme Écosystème Startup, mais aussi au Programme 8 du New Deal Technologique, dénommé Senegal Digital Factory, présenté comme “un levier central pour transformer les idées en solutions concrètes”.

Ce programme, a-t-il estimé, “s’’inscrit dans un portefeuille de projets structurants à l’échelle nationale, traduisant le fait que l’innovation n’est plus un sujet secondaire”.

Transformer l’enthousiasme  autour des start-up en un levier de valeur et d’emplois

Roger Thiam cite également parmi ces projets structurants l’ouverture prochaine du premier Fablab UNIPOD à Diamniadio, prévue le 27 avril 2026, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Cette infrastructure vise à offrir aux jeunes, étudiants, chercheurs et entrepreneurs un espace intégré pour concevoir, tester et prototyper des solutions, contribuant ainsi à rapprocher université, technologie et besoins économiques, s’est-il réjoui.

Interpellé sur la question du financement des startup, identifiée comme le principal défi, le directeur de l’économie numérique et des partenariats, a renseigné que la stratégie sénégalaise est axée sur l’attractivité des projets plutôt que sur la dépendance à la dépense publique.

“Notre objectif est de rendre les projets investissables”, a-t-il insisté, en évoquant l’accent mis sur le capital-risque, la préparation à la levée de fonds et l’amélioration de la gouvernance des start-up.

Dans cette perspective, des experts ont été mobilisés  pour accompagner les porteurs de projets et renforcer leur crédibilité auprès des investisseurs, a-t-il indiqué.

M. Thiam souligne par ailleurs que l’État travaille à la mise en place d’un fonds destiné à structurer le financement et à attirer davantage de capitaux privés, notamment pour les phases d’amorçage et de démarrage.

Il a aussi évoqué un dispositif légal qui prévoit des mécanismes combinant fonds publics et privés, garanties et instruments d’investissement pour soutenir la croissance des jeunes entreprises innovantes.

Sur le plan fiscal, Roger Thiam reconnaît la nécessité d’adapter le cadre aux spécificités des start-up, rappelant toutefois que des “exonérations fiscales sur trois ans, ainsi que des mesures douanières et sociales, sont prévues par la loi et son décret d’application”.

Il a également insisté sur l’importance de rendre ces avantages “plus lisibles, simples à activer et réellement utiles”, afin d’éviter qu’ils ne deviennent un frein à l’innovation.

“L’enjeu est désormais de transformer l’enthousiasme  autour des start-up en un levier durable de création de valeur et d’emplois”, a-t-il martelé.

Cette dynamique passe, selon lui, par “un cadre stable, des talents accompagnés et un financement  patient et intelligent”.

Il a réaffirmé l’engagement de l’Etat à renforcer la qualification des start-up et développer les structures d’accompagnement, afin de mieux connecter l’innovation au marché, notamment à travers la commande publique.

“La créativité seule ne crée pas des emplois”, a-t-il relevé, estimant que la véritable dynamique repose sur l’articulation entre créativité, capital, compétences et accès au marché.

SMD/BK