Réduction de la faim : le Sénégal, un exemple à suivre, selon l’AFSA
Réduction de la faim : le Sénégal, un exemple à suivre, selon l’AFSA

SENEGAL-AFRIQUE-AGRICULTURE

Dakar, 24 août (APS) – Le Sénégal a réduit de moitié la faim depuis 2006, constate l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA), qui met en œuvre l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) au profit de 13 autres pays africains.

L’AFSA estime que le Sénégal a déjà atteint l’objectif qu’elle s’est fixé pour 13 autres pays d’Afrique où la réduction de moitié de la faim reste une préoccupation majeure.

C’est ce qu’indique un rapport de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique intitulé “La révolution verte a échoué en Afrique : vingt ans de données et ce qui fonctionne à la place”.

Ce document a été élaboré sur la base de données de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Il examine l’évolution des systèmes agricoles et alimentaires depuis la création de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique en 2006.

La comparaison avec le Sénégal est d’autant plus frappante que le nombre de personnes sous-alimentées aurait augmenté de 58 % depuis 2006, dans les 13 pays bénéficiaires de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique, selon le rapport.

Dans ces mêmes pays, les superficies cultivées ont augmenté de 46 %, tandis que les rendements des cultures de base ont ralenti par rapport à leur niveau au cours des douze années précédant la mise en œuvre de l’AGRA.

Les auteurs du rapport ont pris le Sénégal pour un modèle en matière de lutte contre la faim au cours des vingt dernières années.

Ils tiennent toutefois à préciser que le pays n’a pas trouvé des solutions à tous ses problèmes d’ordre alimentaire.

Au Sénégal, signalent les auteurs du rapport de l’AGRA, la production de mil aurait augmenté de 85 % au cours des vingt dernières années, et celle de sorgho de 75 %.

Au cours de la même période, ajoutent-ils, le Sénégal a conservé “une certaine diversité agricole” en adaptant ses cultures vivrières à ses conditions agro-climatiques.

“Nous n’avons jamais privilégié la productivité agricole sur la diversité. Pour nous, la diversité est le moteur de la productivité”, a expliqué le spécialiste sénégalais de l’agro-écologie Famara Diédhiou, invité par l’AFSA à expliquer les performances de son pays lors de la publication du rapport.

L’expérience du Sénégal démontre que la “révolution verte” prônée récemment ne garantit pas la sécurité alimentaire, selon M. Diédhiou.

Le rapport de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique préconise l’évolution des politiques agricoles vers davantage de diversification, de restauration des sols et de conservation des semences.

Ses auteurs recommandent le renforcement des services publics de vulgarisation agricole, de recherche et d’encadrement des agriculteurs.

Selon l’AFSA, l’objectif des politiques agricoles doit être de construire des systèmes alimentaires diversifiés et résilients, tout en renforçant la souveraineté alimentaire et la capacité des communautés rurales à produire dans des conditions agro-climatiques adaptées à leur territoire.

TAB/HK/ESF/HB/BK