La Commission de la CEDEAO veut impulser un partenariat régional pour mieux partager les données climatiques et sécuritaires
La Commission de la CEDEAO veut impulser un partenariat régional pour mieux partager les données climatiques et sécuritaires

SENEGAL-AFRIQUE-ENVIRONNEMENT-CLIMAT-ALERTE

Accra (Ghana), 22 sept (APS) – La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) entend renforcer le partage des données climatiques, environnementales et sécuritaires afin d’améliorer les capacités régionales d’alerte précoce et d’anticipation des crises, a annoncé, mardi, à Accra (Ghana), la directrice de l’Alerte précoce de la Commission de l’organisation communautaire, Nanténé Coulibaly Seck.

”Notre intention est d’intégrer progressivement l’intelligence artificielle et l’analyse des réseaux sociaux afin de renforcer les capacités d’ECOWARN [système d’alerte précoce de la CEDEAO] et d’accroître l’efficacité de notre travail”, a-t-elle déclaré dans son entretien avec l’APS, à la fin du panel consacré aux mécanismes d’alerte précoce, aux lacunes en matière de données et à la coopération.

Ce panel s’est tenu dans le cadre du deuxième séminaire parlementaire du Parlement de la CEDEAO, sur le thème “Changement climatique, sécurité humaine et développement durable dans la région de la CEDEAO”.

Selon Mme Seck, la Commission de la CEDEAO envisage de mettre en place un cadre de partenariat stratégique sur les données, destiné à organiser l’accès aux informations détenues par les directions sectorielles, les institutions spécialisées, les services météorologiques et hydrologiques, les Centres nationaux d’alerte précoce, les universités et les partenaires techniques.

Ce cadre devrait notamment préciser les responsabilités des différents acteurs, les normes de qualité, la fréquence de mise à jour des données, les règles de confidentialité ainsi que les usages autorisés.

La responsable a également annoncé la volonté de réactiver la coopération avec le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et AGRHYMET dans des domaines liés au climat, à la sécurité alimentaire, à la transhumance et au foncier.

”Cette coopération pourrait s’appuyer sur la désignation de points focaux, un calendrier de partage des données, des analyses conjointes et des exercices prospectifs”, a-t-elle expliqué.

La CEDEAO entend également capitaliser sur ses collaborations avec les directions de l’Environnement et de l’Agriculture ainsi que sur les acquis de programmes de suivi de l’environnement et de la sécurité.

Mme Seck a cité, parmi les opportunités à exploiter, les échanges avec des partenaires spécialisés dans les données géospatiales et l’imagerie satellitaire, notamment à travers les rencontres techniques consacrées aux innovations en matière d’analyse prédictive et d’intelligence artificielle géographique.

La Commission souhaite en outre renforcer l’accès aux données satellitaires et les capacités de formation grâce aux cadres de coopération avec les institutions spécialisées.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la CEDEAO cherche à consolider les capacités d’ECOWARN, son système d’alerte précoce, notamment à travers une meilleure coordination avec les mécanismes nationaux d’alerte précoce.

Une formation organisée à Accra en mai 2026 avait notamment porté sur l’harmonisation des données, l’alignement des rapports et la coordination entre les systèmes nationaux et ECOWARN.

S’adressant aux parlementaires, Nanténé Coulibaly Seck a appelé à soutenir les cadres juridiques favorisant le partage sécurisé des données et à veiller à l’allocation de ressources suffisantes aux mécanismes d’alerte précoce.

Elle a également invité les élus à assurer le suivi de la prise en compte des alertes et des recommandations dans les politiques publiques.

“Une alerte précoce ne produit pleinement ses effets que lorsqu’elle est traduite en décision et en action”, a-t-elle insisté.

AN/BK