SENEGAL-SOCIETE
Mbour, 8 oct (APS) – La coordinatrice régionale du projet d’Appui à la protection des enfants victimes de violence (PAPEV), Aminata Kébé, a appelé, jeudi à Somone (Mbour), à une meilleure coordination des acteurs de la protection de l’enfance en perspective des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, afin de permettre une alerte précoce et une prise en charge rapide des éventuelles violations des droits des enfants.
“Ce que nous attendons des acteurs, c’est d’abord une meilleure connaissance des règles de protection des enfants, une meilleure coordination dans la protection des enfants et une meilleure connaissance de toutes les étapes, de l’alerte à la prise en charge”, a-t-elle déclaré.
Expert en droits de l’homme et genre au Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Aminata Kébé, s’exprimait lors d’un atelier multisectoriel de renforcement des capacités et de sensibilisation sur la protection des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels dans le contexte des voyages et du tourisme.
Selon Mme Kébé, la forte mobilisation attendue autour des JOJ, avec la venue de participants de plusieurs pays, “aura forcément des implications en termes de protection de l’enfance”.
L’atelier, organisé avec le ministère de la Justice, le ministère chargé du Tourisme et les acteurs locaux, vise ainsi à renforcer les capacités des différents intervenants pour leur permettre d’agir rapidement quand des enfants sont impliqués dans des violations de leurs droits.
La coordinatrice régionale du projet d’Appui à la protection des enfants victimes de violence a insisté notamment sur le rôle des communautés, des acteurs hôteliers et des officiers de police judiciaire, soulignant que chacun “a un rôle à jouer” dans la chaîne de protection.
“S’il n’y a pas une bonne coordination, une bonne connaissance de chacun de ce qui le concerne, quand il doit agir et comment il doit agir, la protection ne serait ni effective ni efficace”, a-t-elle relevé.
Des participants de la Guinée, de la Gambie et de la Guinée-Bissau prennent également part à l’atelier, dans une perspective de partage de bonnes pratiques et de renforcement de la coopération régionale.

Représentant le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, la directrice des Affaires civiles et du Sceau, Marie Odile Thiakane, a souligné l’importance de la mobilisation du département dans la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels visant les enfants.
“Quand il s’agit de la protection de l’enfant contre l’exploitation et les abus sexuels, vous pouvez comprendre que le ministère de la Justice est aux premières loges”, a-t-elle assuré.
Elle a toutefois rappelé que l’organisation des JOJ constitue “un honneur pour le Sénégal”, tout en estimant nécessaire que les autorités restent “alertes et vigilantes” dans un contexte marqué par une forte affluence internationale.
Mme Thiakane a également insisté sur la nécessité d’une “réaction commune” et de “l’interopérabilité entre les départements ministériels” pour apporter des réponses adaptées aux éventuelles situations de violation des droits des enfants.
Elle a assuré que le ministère de la Justice suivra les échanges et contribuera aux travaux, notamment sur les questions relatives aux textes et à leur application.
DS/MTN

