Près de 2 000 participants attendus au premier jour du sommet ”Africa-Foward” pour des rendez-vous d’affaires
Près de 2 000 participants attendus au premier jour du sommet ”Africa-Foward” pour des rendez-vous d’affaires

AFRIQUE-FRANCE-AFFAIRES

De l’envoyé spécial de l’APS : Ousmane Ibrahima Dia

Nairobi, 10 mai (APS) – Les affaires seront au coeur, lundi, à Nairobi, au Kenya, au premier jour du sommet Afrique-France (11-12 mai), avec le forum qui entend mettre en évidence la profondeur des partenariats économiques franco-africains et promouvoir les projets et initiatives portées par les secteurs privés africains et français.

Coorganisé par Bpifrance, Business France et Proparco, le forum ”Africa-Foward Inspire and connect”, qui se tiendra à l’université de Nairobi, réunira 2 000 participants de haut niveau, notamment des grands dirigeants d’entreprises africaines et françaises, mais également des dirigeants d’ETI, de PME et des jeunes entrepreneurs.

La France est le premier partenaire commercial européen en Afrique, le quatrième fournisseur du continent et son deuxième client, selon un document dont l’APS a eu connaissance.

La même source indique que les échanges commerciaux ont dépassé les 65 milliards d’euros en 2024, ajoutant que le continent représente 4,8% des exportations de la France dans le monde.

La France est le quatrième investisseur sur le continent, avec un stock d’IDE (Investissement direct étranger) de 51 milliards d’euros en 2024 et 35 milliards 235 millions d’euros pour l’Afrique subsaharienne.

Le stock d’investissement des pays africains en France s’élève à 8 651 millions d’euros en 2024.

En 2025, les exportations françaises se chiffraient à 28 904 millions d’euros alors que les importations vers la France étaient de 34 955 millions d’euros pour la même année.

Le même document souligne que le nombre de filiales d’entreprises françaises a doublé en 15 ans sur le continent, contribuant à la création de 500 000 emplois directs.

Quelque 4 474 filiales d’entreprises françaises sont présentes sur le continent (contre 3 020 filiales en 2014, soit une variation de +48% depuis 2014). Elles emploient 504 464 personnes pour un chiffre d’affaires estimé à 8 654 millions d’euros. Au total, 539 VIE (volontaire international en entreprise) étaient en poste dans des entreprises françaises en Afrique en août 2025.

Parlant du forum prévu, lundi, Arnaud Floris, responsable Afrique de Bpifrance, une banque publique d’Investissement qui accompagne les entreprises françaises, a déclaré que cette structure est présente à Nairobi ‘’en soutien à l’industrialisation du continent africain’’.

‘’Tout a été fait pour mettre sur les différentes scènes celles et ceux qui font l’économie et l’industrialisation du continent’’, a-t-il dit lors d’un briefing avec des journalistes.

Il a fait état de la présence de près de 1 500 entrepreneurs africains. ‘’Il y aura des rencontre B to B et des rencontres B to G (rencontres Business to government). Il y a une centaine de RV déjà prévus, ce sera un bel évènement’’, a-t-il indiqué.

Jean Guyonnet Duperat, directeur régional Afrique de l’Est de Proparco, une filiale de l’Agence française de développement (AFD), qui participe au financement et à l’accompagnement d’entreprises et d’établissements financiers français en Afrique, en Asie, en Amérique latine, en Eurasie et au Moyen-Orient, a assisté à la rencontre.

‘’On est là pour faire pour du business. Proparco est une des entreprises françaises qui investit le plus en Afrique. On investit chaque année 1 milliard d’euros en Afrique. On est là pour rencontrer nos clients, pour les remercier’’, a-t-il déclaré.

”Créer de nouvelles opportunités d’affaires”

Il a annoncé que Proparco va signer, lundi, 500 millions d’euros de prêt, soit la moitié de ce qu’elle a prévu de faire en 2026.

Selon lui, ce forum est une occasion de ‘’générer de nouvelles opportunités d’affaires’’.

Marc Cagnard, directeur Afrique sub-saharienne de Business France, est longuement revenu sur l’action de cette entreprise publique de conseil, qui agit au service de l’internationalisation de l’économie française en accompagnant les entreprises dans leur développement à l’export et en favorisant l’attractivité des territoires pour les investisseurs étrangers en France.

‘’Business France accompagne les entreprises françaises en Afrique et accompagne l’attrait des entreprises africaines en France. On sera sur ces deux volets’’, a dit M. Cagnard, basé à Abidjan.

‘’On mettra en relation les entreprises françaises avec les entreprises africaines. Il s’agit aussi de permettre aux entreprises africaines de se connecter entre elles’’, a-t-il dit, évoquant la faiblesse du commerce intra-africain

Il a annoncé une séquence B to G entre les entreprises françaises et les ministères techniques. Quelque 850 rendez-vous individuels, calibrés, ciblés seront organisé d’ici mardi, a-t-il annoncé.

L’attrait des investisseurs africains en France, un point moins connu, sera également mis en valeur à l’occasion du Forum.

‘’Parfois, on a le sentiment que les choses ne se font que dans un sens : les Français qui investissent en Afrique. L’inverse est aussi vrai. Des entrepreneurs africains investissent en France’’, a souligné Marc Cagnard.

‘’On n’est pas dans les mêmes échelles, mais on est sur une dynamique qui évolue quand même assez fortement’’, a-t-il indiqué.

Selon lui, 1 400 filiales d’entreprises africaines sont établies en France et emploient 15 000 personnes, soit un volume d’investissement de 8,5 milliards d’euros.

‘’C’est en train de se poursuivre, il y a une grosse dynamique autour et on mettra en valeur cette thématique’’, a-t-il déclaré.

Ces entreprises investissement principalement dans les services financiers, la santé, l’agro-business, le cosmétique, le secteur minier, a-t-il indiqué, donnant l’exemple d’un groupe ivoirien qui investit dans le cosmétique avec l’objectif de toucher les marchés asiatiques.

Dans le domaine bancaire, les banques nigériannes Acces bank et First bank of Nigeria ont ouvert des bureaux à Paris dans le but de développer des courants d’affaires entre la France, plus généralement l’Europe et l’Afrique.

M. Cagnard a indiqué que l’objectif de Business France est aussi de connecter des territoires français ultra-marins comme Mayotte et la Réunion aux économiques africaines.

”On parle de l’Afrique comme le continent d’avenir, mais l’Afrique, c’est maintenant, c’est aujourd’hui. C’est maintenant qu’il faut venir investir en Afrique’’, a-t-il lancé.

OID/ABB