SENEGAL-SANTE-SENSIBILISATION
Dakar, 29 juil (APS) – Des journalistes spécialisés en santé et l’organisation MSI Reproductive Choices Sénégal, anciennement Marie Stopes International, ont réaffirmé leur engagement à intensifier la sensibilisation pour déconstruire les tabous qui continuent de freiner l’adoption de la planification familiale au Sénégal.
Réunis à l’occasion du lancement d’un partenariat entre l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD) et MSI Reproductive Choices Sénégal, mardi, à Dakar, les différents intervenants ont insisté sur la nécessité d’une communication de proximité afin de combattre les idées reçues et les fausses informations entourant la contraception.
“Beaucoup de femmes refusent aujourd’hui la planification familiale parce que les effets secondaires sont mal expliqués ou parce qu’elles sont influencées par des rumeurs. Lorsqu’elles disposent d’une information fiable, elles comprennent rapidement les avantages des méthodes contraceptives”, a déclaré le président de l’AJSPD, Eugène Kaly, lors d’une session de renforcement de compétences en communication sur la santé reproduction et la planification familiale (SR/PF).
Selon lui, les médias ont un rôle “déterminant” à jouer pour faire évoluer les perceptions et ouvrir le débat sur une question encore considérée comme sensible dans de nombreux foyers.
“Notre devoir est d’informer les populations avec un langage simple, accessible et adapté aux réalités des communautés. Nous allons mobiliser nos membres dans les télévisions, les radios, les médias en ligne et la presse écrite, mais également communiquer en langues nationales afin d’atteindre les femmes vivant dans les zones les plus reculées”, a-t-il annoncé.
Pour la chargée du plaidoyer de MSI Reproductive Choices Sénégal, Fatou Bintou Kamara, lever les tabous passe d’abord par un meilleur accès à une information crédible et contextualisée.
“La santé reproductive et la planification familiale restent des enjeux majeurs de santé publique. Les journalistes sont des relais essentiels pour transmettre les bonnes informations, répondre aux préoccupations des populations et les orienter vers les services appropriés”, a-t-elle souligné.
Elle estime que cette collaboration devrait contribuer à replacer la planification familiale dans une approche globale de santé et de droits, en rappelant qu’elle concerne aussi bien les femmes que les hommes et les jeunes.
La présidente de l’Association nationale des sages-femmes d’État du Sénégal a rappelé que “l’espacement des naissances contribue à réduire les risques de mortalité maternelle et néonatale, tout en permettant aux femmes de récupérer entre deux grossesses, de mieux prendre en charge leurs enfants et de développer des activités génératrices de revenus”.
Elle a appelé à une mobilisation des autorités publiques, des parlementaires, des professionnels de santé, des journalistes et leaders communautaires afin de faire de la planification familiale un sujet de dialogue plutôt qu’un tabou.
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