SENEGAL-ECONOMIE
Dakar, 10 avr (APS) – L’État sénégalais est en train de mettre en œuvre des ‘’mesures appropriées’’ pour augmenter la part de la commande publique attribuée aux entreprises privées locales, qui a baissé de 66 % en 2022 à 58 % en 2023 en raison d’‘’un positionnement stratégique’’ des fournisseurs privés étrangers, a-t-on appris de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP).
‘’La part des entreprises du secteur privé sénégalais dans la distribution des commandes de l’État est passée de 66 % en 2022 à 58 % en 2023’’, a signalé le directeur général de l’ARCOP, Moustapha Djitté.
Les marchés publics attribués aux entreprises privées sénégalaises ont connu ‘’un sensible infléchissement, qui est symptomatique d’un positionnement stratégique des opérateurs privés étrangers dans l’économie sénégalaise’’, a-t-il expliqué.
Il prononçait, jeudi, à Dakar, la leçon inaugurale de la première édition d’un colloque international consacré aux ‘’enjeux, défis et perspectives’’ de la commande publique en Afrique.
‘’Cette perte de dynamisme, qui s’explique par des considérations techniques et financières, est sérieusement prise en compte. Des mesures appropriées ont été prises et sont en train d’être mises en œuvre, avec la collaboration des acteurs concernés’’, a assuré le directeur général de l’ARCOP.
‘’Les commandes des autorités publiques requièrent […] la mobilisation d’une expertise pointue et des ressources financières importantes’’, a-t-il souligné.
Selon M. Djitté, une administration de commande publique doit protéger en même temps les intérêts de l’État et ceux du secteur privé. C’est, dit-il, la raison pour laquelle l’ARCOP a pris des ‘’mesures appropriées’’ pour augmenter la part de la commande publique attribuée aux entreprises privées locales.
Moustapha Djitté tient toutefois à préciser que ‘’la preuve [de la capacité des entreprises sénégalaises à exécuter une commande publique] est toujours établie par des attestations de capacitation financière et de réalisation de marchés [publics], même si le savoir-faire de nos champions n’est plus à démontrer’’.
Il signale, par ailleurs, que la complexité de la commande publique nécessite des ressources humaines de qualité.
‘’Les commandes des autorités publiques requièrent […] la mobilisation d’une expertise pointue et des ressources financières importantes’’, a-t-il souligné.
‘’Le renouveau de la commande publique, c’est le recours incontournable aux PPP’’, les partenariats public-privé, a observé Moustapha Djitté, ajoutant que l’ARCOP ‘’met à la disposition de l’Administration publique une série d’instruments contractuels destinés à encadrer ses relations avec ses partenaires, de manière à préserver ses intérêts et à assurer la performance de ses investissements’’.
L’Autorité de régulation de la commande publique déroule une stratégie nationale de développement allant de 2025 à 2029, selon son directeur général.
Le coût de la mise en œuvre de cette stratégie est estimé à 18 496 000 000 de francs CFA, a-t-il indiqué, ajoutant que le secteur privé sénégalais doit apporter une contribution de 5 575 000 000.
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