Allan Petre, une étoile franco-sénégalaise qui brille à la NASA
Allan Petre, une étoile franco-sénégalaise qui brille à la NASA

SENEGAL-SCIENCES-PROFIL

Dakar, 23 mai (APS) – L’édition 2026 de ”Senegal Space Week” a été clôturée ce vendredi, à Dakar, avec la master class du jeune ingénieur aérospatial français d’origine sénégalaise, Allan Petre, 26 ans, aujourd’hui employé à la NASA, l’agence spatiale américaine.

La salle du King Fahd Palace de Dakar, déjà pleine comme un œuf, remplie par des ingénieurs, universitaires, étudiants…, n’attendait que ce jeune qui inspire, par sa trajectoire qui l’a propulsé à la lointaine station dont tout scientifique rêverait : la NASA.

A 10h, il est escorté par un groupe de responsables de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), dont son directeur, l’astronome sénégalais Maram Kairé, avec une standing ovation très nourrie en guise d’accueil.

Dans son pull blanc, Allan, taille basketteur, sport qu’il affectionne avec ses post sur les soirées de NBA, a tout, par son visage et sa coiffure, ses boucles d’oreille, d’un gamin trahi par sa sagesse.

Il a les étoiles dans la tête !

Mais ce jeune, d’une sagesse platonicienne, court patiemment, mais obstinément, après le savoir qu’il veut au service de la vertu. ”Le spatial doit être au service de l’homme”, a-t-il dit. C’est presque Neil Armstrong selon la phrase qui lui est attribuée lorsqu’il a mis le pied sur la lune en 1969.

Le jeune ingénieur, déjà en alternance entre l’école et le Ariane Group, était sûr de lui et de son voyage jusqu’aux Etats-Unis.

C’est ainsi qu’après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en novembre 2023 à l’Ecole nationale supérieure de mécanique et d’aérotechnique (ISAE-ENSMA) en France, Allan Petre voit son rêve américain sur le point de se réaliser après avoir été sélectionné par le Jet Propulsion Laboratory (JPL), l’un des dix centres de la NASA, en 2024 où il travaille sur l’exploration et la robotique, entre autres.

Issu d’une famille ”modeste”, Allan Petre a dû faire preuve de courage et de conviction pour connaitre cette réussite- qu’il voit encore comme une étape- en repoussant les limites. ”Ne vous autolimitez-pas, persévérez, faites des erreurs, mais apprenez de vos erreurs”, a-t-il conseillé aux étudiants sénégalais venus admirer ce qui ressemblait à une thèse sur le spatial en 60 minutes.

L’éloquence et la maitrise l’habitent. On aurait dit, à force de marteler Arien 6, SpaceX et autres lanceurs, qu’il a envoyé son public sur la planète mars !

Pour lui qui avait commencé par des études en marketing, ”il faut de l’audace, de la détermination. Il n’y a rien de plus puissant qu’une personne qui veut changer les choses”.

C’est cela aussi qui lui a valu d’être dans le top 30 des moins des 30 ans de Forbes Afrique. Il l’a obtenu, selon le magazine,  ”à force de travail, de détermination, et d’une bonne dose de culot”.

Allan Petre n’a pas la tête dans les étoiles. Il a les étoiles dans la tête. Cette master… de grande classe est un récital, tant il maitrise l’espace qu’il côtoie, apprend, aménage ”étoile, galaxie, univers, planète…”. Il n’a que ça dans la bouche.

Dans son cours magistral, l’éloquence et la maitrise de cette matière, le spatial, se voient dans ses doigts qui dessinent les mots qu’il sort. Il liste les étoiles, les raconte comme s’ils les avaient élevées.

Mon modèle : mes parents

”Passionné” et ”curieux” de ce qui se passe dans l’univers- ou les univers- Allan Petre a tout de même les pieds sur terre, en n’oubliant jamais d’où il vient. Sa boussole : ses parents. ”Dans mon parcours, je n’ai pas eu de modèle ou de représentation qui m’accompagnait dans le domaine scientifique. Je devais être acteur de ma passion. Mon seul modèle, ce sont l’éducation et les valeurs que j’ai puisées de mes parents”, a-t-il dit sous un tonnerre d’applaudissements.

Le jeune scientifique semble bien attaché à sa mère dont il parle avec beaucoup d’émotion. Comme dans ce post sur son compte X, le 18 mai dernier, dans lequel il écrit, annonçant l’émission ”Secrets de la Science” diffusée par France2 dans laquelle il tente de répondre à la question : ”Sommes-nous seuls dans l’Univers ?”. M. Petre mentionne dans son post : ”Cette émission de demain soir [19 mai 2026, à 21h10], je la dédie aussi à la dame la plus forte que je connaisse et qui est maintenant libérée de son cancer : ma mère”.

Le Sénégal, son autre planète

Maram Kairé a, lui aussi insisté sur la ”sénégalité” du génie qui a avait rêvé de travailler à la NASA, dont ”99% des employés sont des Américains”. ”Ta chère maman m’a dit en wolof : Maram denk naalako (je te confie Allan)”.

Et le fils, qui rappelle ses passages à la Sicap Liberté, un quartier de Dakar, assume cette fibre patriotique, bien que né à Villemomble en Seine-Saint-Denis. ”Je suis très content, en tant que jeune d’origine sénégalaise, le pays où mes parents sont nés et ont grandi. J’y ai encore ma grand-mère”, a-t-il souligné fièrement.

Sur sa page X (ex twitter), le 20 janvier 2026, il fête la victoire du Sénégal contre le Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des nations. Il exulte : ”Les images folles de la parade des joueurs sénégalais à Dakar : quel peuple !”.

HK/SMD/ADL/MTN