SENEGAL-FOOTBALL-REPORTAGE
Saint-Louis, 22 mai (APS) – A quarante-huit heures de la coupe du Sénégal contre Diambars de Saly, ce dimanche, au Stade Léopold Sédar Senghor, l’Université Gaston Berger de Saint-Louis s’est mobilisée en masse pour pousser son équipe, l’Université Sporting Club (USC), vers un triomphe historique.
”Pour le volet mobilisation, nous sommes en train de travailler avec les autorités universitaires. Déjà, l’université dispose de quelques bus que les autorités ont promis de mettre à notre disposition”, a confié à l’APS, le président de l’USC, Aliou Kara Kandé, notant que ”naturellement, avec cet engouement autour de la finale, ces bus ne suffiront pas”.
Les responsables administratifs de cette équipe de National 1, équivalant de la troisième division sont en train de faire les démarches pour avoir d’autres bus, a-t-il dit. ”Le président de la Ligue a promis de mettre d’autres bus à notre disposition”, a-t-il assuré.
L’équipe est gérée par un comité directeur composé d’agents du CROUS-Centre régional des œuvres universitaires- de Saint-Louis, et le rectorat.
Le directeur sportif Mamadou Wade, dit Loppy, abonde dans le même sens pour dire que ”les entreprises au niveau local sont en train d’être saisies et elles vont s’impliquer dans la mobilisation des supporters”.
La Fédération sénégalaise de football (FSF) a octroyé 3 000 billets d’entrée au club. D’autres structures comme la SAED, Africarice, les Grands Domaines entres autres ont fait des promesses de soutien. Les anciens pensionnaires de Sanar (UGB) qui exercent de hautes fonctions comme les ministres et autres directeurs généraux s’impliquent pour soutenir l’équipe, dit-il.
Lopy signale que, pour aller à la finale, le supporter devra débourser seulement 2 500 francs CFA comprenant les frais de déplacement, son ticket d’entrée et sa restauration.
Un objectif d’une vingtaine de bus
Du côté des étudiants de l’UGB, la mobilisation est forte pour assurer une forte présence des supporters de toute la ville de Saint-Louis dimanche à Léopold-Sédar-Senghor pour la finale de la Coupe du Sénégal.
Dans l’équipe, il n’y a pas que les étudiants. Par exemple, les voisins du coach Serigne Sène sont actuellement en train de voir les moyens d’effectuer le déplacement à Dakar pour soutenir l’USC.
D’habitude, l’équipe s’entraîne alternativement sur les terrains des villages environnants pour faire sentir à tout le monde leur appartenance à l’USC qui compte des joueurs de tous les quartiers de Saint-Louis, selon Lopy.

Les supporters ne sont pas en reste. Cheikhouna Diouf, leur président et en même temps animateur de la plateforme ouverte pour mobiliser autour de l’équipe, ne dit pas autre chose.
”Pour la mobilisation, nous le faisons comme dans tous les clubs. Nous sommes en train de faire une grande mobilisation pour la finale”, fait-il savoir, ajoutant qu’il essaie de contacter tous les étudiants, les membres du CROUS et même du rectorat pour la finale.
”Depuis notre premier match contre Jokko, nous sommes toujours avec l’équipe et nous faisons tout pour valoriser notre club parce que nous sommes des étudiants et on n’a que notre club”, dit-il.
En tant que gestionnaire des comptes sur les réseaux sociaux, il dit avoir noté beaucoup d’engouement en vue de cette finale et a déjà enregistré beaucoup de sollicitations pour l’achat des billets.

Il invite toute la population saint-louisienne à venir accompagner l’équipe dont le succès sera celui de toute la ville de Saint-Louis.
Interpellé en marge d’une séance d’entrainement mardi au Complexe du campus 2 sur les forces de l’équipe de Sanar, il pense que ”c’est la solidarité avec un esprit d’équipe à toute épreuve qui fait la force de l’équipe”.
Le coach, ancien buteur de la Linguère avec qui il a remporté la première édition du championnat professionnel en terminant meilleur buteur, évoque aussi ”l’esprit conquérant” de son équipe.”Je mets toujours en avant le +fighting spirit+ et l’engagement des joueurs. Quel que soit le résultat du match à la fin, il faut que le public sache que les joueurs ont tout donné”, indique Serigne Sène.
Pour le directeur technique, cette détermination s’explique par le discours du coach qui leur fait savoir tous les jours qu’ils jouent d’abord pour eux et qu’une finale est une tribune pour se faire connaître.
”Il y aura certainement des recruteurs et ceux qui vont s’illustrer peuvent avoir la chance de taper dans l’œil de certains d’entre eux”, a-t-il fait observer.
De toutes les façons, l’équipe ne va pas déroger à la règle pour la circonstance et va rester fidèle à son 3-5-2 bien maîtrisé par les joueurs, a-t-il assuré.

”Diambars étant une équipe de possession, nous allons compter sur les transitions pour faire mouche”, a dit Demba, tirant le chapeau à Lamine Sarr, le préparateur physique de l’équipe qui a abattu un ”bon travail”.
Cette fraîcheur physique, l’équipe en aura besoin, selon son coach, notant qu’il saura toujours faire les bons choix pour faire face malgré la multiplication des rencontres en cette fin de saison.
”Contre le Casa, j’ai aligné une équipe différente de celle qui a disputé notre rencontre précédente contre Agnam”, souligne le jeune technicien qui n’hésite pas à enfiler la culotte pour descendre sur le terrain et jouer avec ses joueurs. Une bonne façon de les entraîner par l’exemple pour un ancien joueur qui garde encore toute sa panoplie technique.
Un jeune président bien imprégné de la gestion administrative
La qualification de l’Université Sporting Club de l’Université Gaston Berger en finale de la Coupe du Sénégal peut être une surprise pour certains mais, pour ceux qui vivent à longueur de journée les réalités du club, il ne peut en être ainsi.
En effet, l’USC bénéficie de l’expérience de dirigeants certes jeunes mais aguerris. Son président Aliou Kara Kandé, un ancien secrétaire général de la Commission sociale des étudiants, aujourd’hui membre personnel administratif technique et de service (PATS), et ancien pensionnaire de Génération Foot, fait partie des ténors de l’équipe de Sanar.
Pourtant, le jeune président n’entend pas endosser tout seul le succès engrangé en Coupe. Pour lui, il n’a fait que tirer profit du talent de joueurs bien formés trouvés sur place.
Aliou Kara Kandé a très tôt flirté avec le football. À bas âge, en minime à Ziguinchor, son coach Ibou Mané, à qui il rend un hommage vibrant, lui confiait déjà en minimes la gestion administrative de l’équipe.
Le président de l’USC avoue s’être déjà frotté à de grands noms du football sénégalais.

”J’ai géré beaucoup de tâches administratives, et ainsi de suite. Après les formations, je n’ai cessé de regarder comment on gérait le football. J’ai eu à arrêter les études”, nous confie le jeune dirigeant qui, après son BFEM, a voyagé en Russie pour s’imprégner davantage des réalités de la gestion administrative de son sport favori.
Il était écarté des terrains par une méchante blessure mais ne regrette pas son option qui lui a permis de ”côtoyer des personnalités qui m’ont beaucoup appris et transmis dans la gestion d’une équipe”.
Après son bac obtenu à Keur Madior à Mbour, il a été orienté à l’UGB en 2019 où il obtiendra une licence en sciences politiques et un master en relations internationales, paix et sécurité cette année.
À la tête d’une nouvelle équipe dirigeante, Kara, engagé par le Centre régional des oeuvres universitaires de Saint-Louis (CROUS), héritera également de la présidence du club de football.
À l’UGB, Aliou Kara Kandé se plaît à constater l’importance accordée au sport avec des infrastructures ”qui poussent partout dans le campus”.
”J’ai tendance à le dire, celui qui ne connaît pas l’université et qu’on lui laisse faire une visite à l’université peut se demander si ce n’est pas un centre dédié au sport. Parce que les terrains de football, par exemple, on en a minimum cinq, voire sept terrains de football au sein de l’université, avec des dimensions aux normes FIFA”, explique-t-il.
L’UGB compte aussi plus de cinq terrains de basket, une piscine olympique et deux terrains omnisports, ajoute le président de l’USC.
Il souligne que, pour le moment, le campus ne compte qu’un seul terrain gazonné mais que les autorités ont des projets pour gazonner les autres terrains.
Pour lui, la finale est un événement historique et c’est la première fois qu’une équipe de Nationale 1 arrive à ce niveau. Donc, il faut marquer le coup en remportant le trophée.
Le parcours de l’équipe qui a éliminé jusque-là de grosses cylindrées du football local comme Gorée, Génération Foot et le Casa Sports permet de nourrir l’espoir de plusieurs supporters.
Etudes et sport, une réalité à l’USC
La pratique du sport de haut niveau peut bien s’allier avec les études. Deux joueurs de l’Université Sporting Club de l’UGB l’ont démontré : Pape Momar Bèye et Jocelyn Namatan sont deux titulaires indiscutables de ce club estudiantin. Ils viennent de soutenir avec succès leur master à moins d’une semaine de la finale de la Coupe du Sénégal pour laquelle leur équipe est qualifiée.
Ils sont pensionnaires de l’Unité de Formation et de recherche des Sciences de l’Education et de la Formation du Sport (UFR SEFS). Ils ont soutenu leur master sur les facteurs qui limitent la performance des clubs en compétition africaine et l’influence des centres de formation sur les équipes nationales de jeunes du Sénégal.

Les deux, qui partagent le même village (pavillon), allient la pratique du sport aux études grâce à la compréhension de leur encadrement qui, parfois, leur permet de s’occuper des études le matin avec les cours théoriques et d’aller le soir sur les terrains de football pour défendre les couleurs de l’équipe.
L’équipe compte aussi d’anciens pensionnaires de Ligue 1 et de la Linguère, notamment Mame Thierno ndao, milieu de terrain, Mame Ousmane avant-centre, Ameth Saly et Ginedy Niang.


AUT : AMD/ASB


