SENEGAL-SANTE-MATERNITE
Mékhé, 17 sept (APS) – La mise en œuvre du Projet SWEDD Sénégal, portant sur l’autonomisation des femmes et le dividende démographique, s’est traduit par une augmentation du nombre d’accouchements assistés par des agents qualifiés et de consultations prénatales à Mékhé, grâce à la contribution de sages-femmes recrutées et affectées dans le district sanitaire de cette localité du département de Tivaouane (ouest), a appris l’APS du docteur Ibrahima Sokhna, médecin-chef de ladite circonscription.
“Depuis qu’elles [les sages-femmes] sont là, nous avons constaté une progression de la courbe des accouchements assistés par des professionnels de santé qualifiés, ainsi qu’une hausse des consultations prénatales”, a indiqué le médecin-chef.
Le docteur Sokhna recevait mercredi une délégation de la Banque mondiale, en mission de suivi et d’évaluation des interventions du projet SWEDD dans le district sanitaire de Mékhé.
Il a insisté sur l’apport des sept sages-femmes que le projet a recrutées et affectées au district sanitaire de Mékhé.
D’une durée de cinq ans (2024-2028), le projet SWEDD Sénégal vise notamment à appuyer l’autonomisation des femmes et des filles, à favoriser leur maintien à l’école et à améliorer l’accès aux services de santé maternelle et reproductive.
SWEDD Sénégal est un projet de l’Etat du Sénégal, ayant pour ancrage institutionnel le ministère de la Famille et financé par la Banque mondiale.
La mission de suivi comprenait des représentants de la Banque mondiale, de l’Unité de coordination du projet SWEDD Sénégal, de la direction régionale de la Santé de Thiès, de même que des équipes médicales, des acteurs communautaires et des autorités locales.
Elle a visité plusieurs structures de santé et rencontré des acteurs communautaires et autorités locales, pour évaluer les réalisations du projet sur le terrain, recueillir les expériences des acteurs et des bénéficiaires, identifier les contraintes rencontrées et dégager des pistes d’amélioration.
Fatou Niass, au nom des sages-femmes, a relevé un “regain d’intérêt” des populations pour les structures sanitaires qu’elles “fréquentent davantage, en ayant l’assurance d’y être correctement accueillies et prises en charge”.
Elle a toutefois relevé un déficit de sages-femmes, malgré les recrutements, en plaidant pour une solution durable, afin de garantir la continuité et la qualité des soins.
Les professionnels de santé ont signalé des ruptures de différentes méthodes contraceptives, dont les pilules, les injectables, les implants et les dispositifs intra-utérins.
Les participants ont par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer la communication pour le changement de comportement et l’implication des communautés dans les questions liées à la santé de la reproduction.
La délégation a visité une infrastructure sanitaire à Khandane, dans la commune de Koul, ainsi que la maternité de Ngaye Diagne, où intervient SWEDD Sénégal.
Ces visites ont permis à l’équipe d’évaluation de confronter les activités programmées aux réalités observées dans les structures sanitaires et de recueillir directement le feedback des personnels chargés de leur mise en œuvre.
La mission a bouclé son périple à la mairie de Mékhé, où elle a échangé avec les autorités municipales et plusieurs catégories d’acteurs communautaires, notamment des “Bajenu Gox” (marraines de quartier), des délégués de quartier et des imams.
Les échanges ont porté sur leur contribution à la sensibilisation des populations, à la protection des femmes et des enfants, à la prévention des violences, à l’accompagnement des personnes vulnérables ainsi qu’à l’accès des enfants à l’état civil et à l’éducation.

Pour des cadres de coordination des interventions et de pérennisation des acquis
Les acteurs locaux ont préconisé la mise en place de plateformes communales de coordination, destinées à harmoniser les interventions et à favoriser la pérennisation des acquis du projet.
Les parties prenantes ont également insisté sur la redynamisation du comité de gestion des plaintes, installé depuis 2025.
Marie Siby Faye, chargée du sous-projet Education de SWEDD Sénégal, a noté que les activités prévues dans les structures sanitaires visitées ont été réalisées, même si certaines attentes exprimées par les acteurs locaux “peuvent dépasser les moyens ou la programmation du projet”.
Elle a notamment indiqué que les sages-femmes retenues pour ce projet avaient été recrutées et étaient désormais opérationnelles sur le terrain, ajoutant que la mission devait vérifier l’effectivité de leur déploiement dans les structures concernées.
Mme Faye a annoncé, une fois de retour à Dakar, un débriefing avec la Banque mondiale et l’examen des recommandations susceptibles de découler de la mission.
“Peut-être qu’on aura des recommandations de leur part pour voir comment améliorer notre démarche de mise en œuvre, accélérer peut-être au niveau de certaines activités”, a-t-elle dit.
“Il s’agit maintenant, pour le comité, de travailler, de voir à l’interne comment ils vont s’organiser”, a expliqué Mme Faye, se réjouissant du “démarrage effectif des activités” constaté à Mékhé.
La mission qui était “globale”, avait rencontré auparavant des partenaires de mise en œuvre au niveau central, a-t-elle rapporté.
Le gouverneur de la région de Thiès Saër Ndao a souligné, en recevant les agents de la Banque mondiale, l’importance du suivi des interventions destinées à renforcer le capital humain et à améliorer les conditions de vie des populations.
Le projet Autonomisation des femmes et Dividende démographique en Afrique subsaharienne (SWEDD) est coordonné au Sénégal par El Hadj Birahim Sidibé.
Mis en œuvre pour la période 2024-2028, SWEDD Sénégal vise à renforcer l’autonomisation des femmes et des filles, à améliorer leur accès aux services de santé maternelle, néonatale et reproductive et à favoriser le maintien des filles dans le système éducatif.
Le projet est porté par l’Etat du Sénégal, sous l’ancrage institutionnel du ministère en charge de la Famille et des Solidarités, avec l’appui financier de la Banque mondiale.
Dans ce cadre, le Sénégal a reçu une mission de supervision de la Banque mondiale, du 10 au 18 septembre, avec pour objectif d’évaluer l’état d’avancement des interventions du projet SWEDD au niveau central et déconcentré.
L’équipe de la Banque mondiale, composée des responsables du projet SWEDD aux niveaux national, Aïda Gadiaga, et régional, Eleonora Cavagnero, accompagné de l’Unité de coordination du projet SWEDD Sénégal, des partenaires de mise en œuvre et de la direction régionale de la santé de Thiès, s’est rendue à Mékhé pour juger de l’état d’avancement des interventions du projet dans la localité, particulièrement dans le domaine de la santé.
MKB/ADI/FKS/HK/BK

