Grève du SAMES : les services de soins fortement perturbés à Dakar
Grève du SAMES : les services de soins fortement perturbés à Dakar

SENEGAL-SANTE-REPORTAGE

Par Ndèye Suzanne Sy 

Dakar, 17 sept (APS) –  Les couloirs de plusieurs hôpitaux de Dakar, d’ordinaire animés dès les premières heures de la matinée, offrent un visage inhabituel ce jeudi, alors que le Syndicat autonome des médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens du Sénégal (SAMES) a entamé une grève de 48 heures paralysant une grande partie des services de soins.

L’impact de la grève était visible jusque dans les salles d’attente, particulièrement désertes.

Au service de neurologie de l’hôpital de Fann, le calme tranche avec l’agitation habituelle. Les bancs sont presque vides. Dans les couloirs, les rares agents disponibles s’activent exclusivement pour prendre en charge les urgences seulement.

Ici, pas de longue file devant les guichets, ni de foule habituelle. Le silence est seulement interrompu par le va-et-vient des soignants et les rares murmures des patients.

Dans l’allée qui abrite les cabinets médicaux, à peine une dizaine de patients attendent d’être reçus par leurs soignants.

Abdoulaye Ndiaye, venu accompagner son épouse pour une consultation, ne cache pas son désarroi : ”Cela fait des heures que nous attendons. Nous sommes arrivés dans le service un peu avant 7 heures du matin et, à 9 heures, nous n’avons toujours pas vu de médecin”, regrette-t-il.

Malgré une longue attente, M. Ndiaye savait à quoi s’en tenir. Le service d’accueil l’avait déjà informé que les médecins ne seraient pas nombreux ce jeudi, en raison du mouvement de grève du SAMES.

Grève du SAMES : les services de soins fortement perturbés à Dakar

L’accompagnant invite les autorités à régler cette situation au plus vite. ”Nous demandons aux autorités de régler dans l’immédiat le problème des médecins. Un malade ne demande rien d’autre que des soins. La prise en charge est déjà onéreuse, le minimum est donc d’avoir des soins appropriés à temps”, a-t-il plaidé.

À l’hôpital d’enfants Albert Royer, le constat est encore plus saisissant : les couloirs et les salles d’attente sont déserts.

Une dizaine de personnes seulement sont visibles dans la salle d’attente. Les guichets sont ouverts, mais vides. Quelques parents discutent avec les agents, tandis que d’autres guettent la moindre information sur la prise en charge de leurs enfants.

Dans cette ambiance calme, Mme Fofana, la trentaine, ne cache pas son désarroi. Venue tôt le matin avec son bébé de sept mois, elle envisage désormais de rentrer chez elle après plus d’une heure d’attente infructueuse.

‘’Je suis là depuis 8 heures et mon enfant n’est pas pris en charge”, confie-t-elle. Face à cette situation, elle envisage désormais de rentrer chez elle.

Dans ses bras, son bébé pleure sans discontinuer tandis qu’elle tente de le calmer, tout en cherchant une solution. Elle explique qu’un membre du personnel lui a indiqué que seuls les patients arrivés très tôt, vers 6 heures du matin, pourraient être pris en charge.

”On m’a dit qu’il n’y avait que deux pédiatres pour assurer les soins aujourd’hui”, rapporte-t-elle.

Faute de prise en charge, cette mère de famille, qui a fait le déplacement jusqu’à l’hôpital, doit finalement repartir avec son enfant sans avoir obtenu la consultation espérée.

Son témoignage illustre le dilemme auquel sont confrontés de nombreux patients lors de ces mouvements de grève : attendre dans l’espoir d’être reçus ou repartir, au risque de devoir revenir plus tard.

Des couloirs presque déserts à Abass Ndao

À l’hôpital Abass Ndao, l’ambiance est également très calme au service de gastro-entérologie. Les bureaux sont fermés, les couloirs déserts. Aucun médecin n’est visible et les chaises des salles d’attente restent inoccupées.

Le contraste est net avec l’affluence habituelle des premières heures de la journée. Tous les services de cette structure ne sont pas pour autant à l’arrêt.

Au centre de prise en charge des malades diabétiques Marc Sankalé, l’activité se poursuit. Si l’affluence reste modeste, les patients présents sont accueillis normalement.

Assise dans une salle d’attente, une femme d’âge mûr confirme avoir pu effectuer toutes ses démarches médicales. ”Oui, je suis prise en charge. J’ai acheté le ticket et j’attends qu’on m’appelle pour les soins”, confie-t-elle.

Ainsi, malgré le mot d’ordre de grève, la continuité des soins demeure partiellement assurée dans plusieurs services clés de la capitale, Dakar.

Une journée inhabituelle dans les hôpitaux.

Grève du SAMES : les services de soins fortement perturbés à Dakar

D’un établissement à l’autre, le même sentiment domine : celui d’une matinée hospitalière différente des autres. Les files d’attente sont réduites, les salles moins remplies et les couloirs plus silencieux.

Si les consultations et les contrôles programmés ont été massivement reportés, les urgences continuent de faire l’objet d’une prise en charge grâce au maintien des services essentiels dans chaque établissement

Ce mouvement de 48 heures intervient alors que le SAMES réclame le respect des accords signés avec l’État. Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a, de son côté, réaffirmé son engagement à assurer la continuité des soins et son ouverture au dialogue avec les organisations syndicales.

Dans les hôpitaux visités, l’impact de la grève s’est traduit par des bancs laissés vides, des couloirs inhabituellement silencieux et le report de nombreuses consultations,

NSS/OID/SBS/AB/MTN