SENEGAL-FRANCE-HISTOIRE
Dakar, 27 oct (APS) – L’Etat du Sénégal va accélérer les recherches sur le massacre des tirailleurs de Thiaroye, en s’appuyant sur l’exploitation des archives et l’identification des victimes, a annoncé, mardi, à Dakar, le secrétaire général du gouvernement, Pape Assane Touré.
‘’Le comité [de commémoration du massacre de Thiaroye] devra poursuivre avec rigueur et méthode la recherche des sources communes, l’exploitation des archives au Sénégal comme à l’étranger, ainsi que le recensement et l’identification des victimes’’, a-t-il indiqué lors de l’installation officielle dudit comité chargé de préparer le 82e anniversaire de cette tuerie perpétrée le 1er décembre 1944 par l’armée coloniale française au camp de Thiaroye, près de Dakar.
Le secrétaire général du gouvernement a ainsi insisté sur la nécessité de consolider les résultats des premières fouilles au cimetière militaire de Thiaroye, qui ont permis de mettre au jour des restes humains, dont certains portaient encore des entraves, et d’étendre les recherches aux sites susceptibles d’abriter d’autres sépultures.
Il a également souligné l’importance de la déclassification et de la remise au Sénégal des archives encore nécessaires à l’établissement des faits, notamment les listes d’embarquement des tirailleurs et les dossiers des procès de 1945.
Mémoire et réparation
‘’Les travaux du comité devront établir les faits, identifier les personnes, établir des preuves afin que la question de la réparation dans toutes ses dimensions puisse être abordée sur des bases solides’’, a-t-il déclaré.
Le secrétaire général du gouvernement a, par ailleurs, annoncé la volonté des autorités sénégalaises de faire de cette commémoration un rendez-vous panafricain, en mobilisant les pays dont étaient originaires les tirailleurs concernés.
‘’À la faveur de la présidence sénégalaise de la CEDEAO, nous nous engageons à rassembler le 1er décembre 2026 le plus grand nombre possible de chefs d’État et de gouvernement et à associer pleinement les universités et les chercheurs africains à toutes les activités de commémoration à venir’’, a-t-il indiqué.
Selon Pape Assane Touré, le gouvernement travaille à renforcer la transmission de la mémoire du massacre de Thiaroye aux jeunes générations, notamment dans les établissements scolaires et universitaires, les médias et les productions artistiques.
‘’Aucun élève sénégalais ne devrait terminer sa scolarité sans connaître Thiaroye’’, le 1er décembre 1944, quand des tirailleurs africains, de retour d’Europe après avoir combattu pour la libération de la France occupée, ont été tués par l’armée coloniale française alors qu’ils réclamaient le paiement de leurs soldes et indemnités, a-t-il indiqué.
Le président du comité d’organisation, l’historien Mamadou Diouf, a pour sa part souligné l’importance de donner une dimension certes internationale, mais également nationale à travers des évènements locaux et régionaux.
‘’Il s’agit de donner corps aux manifestations locales dans les départements et de mettre en place une véritable manifestation régionale où l’ensemble des pays qui ont été impliqués dans le recrutement des tirailleurs, qui ont eu des victimes dans ce massacre, soient présents’’, a-t-il dit.
Soulignant la nécessité de poursuivre les recherches historiques, l’universitaire a invité les chercheurs à un travail rigoureux de collecte des archives, de recueil des témoignages et de valorisation des récits disponibles..
‘’Il nous incombe de raviver cette mémoire et de lui associer une histoire’’, a-t-il ajouté, rappelant que la publication du livre blanc sur le massacre constitue une première étape dans l’établissement des faits.
Le bilan de ce bain de sang, qui fait toujours débat, s’élève entre 70 et des centaines selon les sources.
MYK/ABB

