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Diourbel, 24 sept (APS) – Il ne faut pas grand-chose à Mame Diarra Seck pour démarrer sa journée de travail : une table, des cafetières et quelques produits. Un peu d’animation aussi pour attirer du monde. A Escale, un quartier de la ville de Diourbel (centre), la persévérance de cette vendeuse de café Touba donne tout son sens à l’adage selon lequel il n’y a pas de sot métier.
Mame Diarra Seck fait de la vente de café Touba un moyen pour soutenir son mari et de subvenir aux besoins de ses enfants.
“Bouy djindier, limon djindier, Original café Touba, wass, wass spécial pour mariés, Safna menthe, Safna limon, Safna djindier […] ” : sa voix amplifiée par des haut-parleurs installe tous les soirs, de 18 à 23h, une ambiance familière dans ce quartier de la capitale du Baol.
Installée en face des locaux de la mairie, entre un espace public et un manège, la jeune femme a transformé son espace de commerce en un véritable point de passage reconnu par les habitants du quartier, notamment les conducteurs de vélos-taxis.
Personne ne semble vraiment pouvoir rester indifférent à l’attrait du commerce de Mame Diarra : les habitués, même pressés, ont toujours une minute pour se payer une tasse de café Touba. Les enfants, par espièglerie et pour ajouter à l’ambiance, ont cette habitude de répéter à la suite des haut-parleurs : “Bouy djindier, limon djindier, Original café Touba…’’.
Mame Diarra Seck vend du café Touba depuis deux ans. Elle quitte tous les jours Pikine, son quartier de résidence, pour rejoindre Escale et écouler son café et d’autres produits qui soutiennent un commerce qui lui permet d’appuyer son époux et de participer aux charges de son ménage .

“Je m’en sors financièrement et j’arrive à aider mon mari”, confie la jeune femme de 23 ans, soulignant que ses recettes varient, selon les jours, entre 7.000 et 10.000 francs CFA. Des revenus modestes, mais importants pour cette jeune mère décidée à contribuer aux dépenses du foyer.
Pour Mame Diarra, vendre du café Touba est avant tout une façon de rester active et de s’employer. “Tout travail est le bienvenu. Il suffit juste d’être courageux. Il n’y a pas de sot métier’’, affirme la jeune femme.
Ses revenus, modestes mais réguliers, couvrent l’alimentation et l’entretien de ses deux enfants, ainsi que certaines charges du couple qu’elle forme avec son mari, lui aussi vendeur de café Touba au stade Elimane Fall de Diourbel.
Cette complémentarité permet au couple de facilement faire face aux dépenses quotidiennes et de subvenir aux besoins de leurs enfants. “Avec ce travail, nous parvenons à nourrir et entretenir nos deux enfants. Et j’assume certains travaux de mon mari”, souligne-t-elle.
Avec les mois, le petit commerce de Mame Diarra s’est progressivement intégré au décor du quartier Escale. Ses clients savent qu’elle sera toujours au rendez-vous.
Les conducteurs de vélos-taxis comptent parmi ses clients les plus réguliers. Ils sont toujours nombreux à investir la table de Mame Diarra, qui prend toujours le soin de les servir avec la plus grande attention.
Pour Mame Diarra, parfois, la réussite ne nécessite pas grand-chose. “On peut rester ici et travailler. Il faut y croire”, affirme la jeune femme, qui mise sur le travail et la persévérance.
Entre le parfum du café Touba et les échos des haut-parleurs, la jeune commerçante continue à entretenir son commerce avec une même conviction : “Il n’y a pas de sot métier”.
MNF/ASB/BK
