Les saisines du Médiateur de la République passent de 279 à 336 entre 2024 et 2025 (rapport)
Les saisines du Médiateur de la République passent de 279 à 336 entre 2024 et 2025 (rapport)

SENEGAL-MEDIATION

Dakar, 23 juil (APS)- Les requêtes adressées au Médiateur de la République sont passées de deux cent soixante dix-neuf (279) entre janvier 2023 et juin 2024 à trois cent trente-six (336) entre juillet 2024 et décembre 2025, soit une progression de l’ordre de 20%, a-t-on appris de source officielle.

Dans le dernier rapport annuel de la Médiature de la République, remis hier au chef de l’Etat, il y est indiqué que ‘’cette hausse significative des réclamations peut être liée aussi bien au succès des tournées de vulgarisation du dernier rapport d’activités effectuées qu’à l’accroissement des cas de dysfonctionnements des administrations de l’Etat, des collectivités locales, des établissements publics ou des organismes investis d’une mission de service public’’.

D’après le document, les tournées du Médiateur de la République ont, incontestablement, contribué au renforcement de sa visibilité institutionnelle et démontré l’adhésion des populations à son rôle d’intermédiation.

Parmi les 336 requêtes déposées auprès de l’institution dirigée par le magistrat Demba Kandji, 29 concernent des litiges purement privés, 12 sont pendantes devant les juridictions, 7 n’ont pas satisfait à la condition de saisine préalable, 6 sont hors du domaine de compétence du Médiateur de la République, lit-on dans le rapport annuel.

‘’Le traitement des dossiers de réclamation est très souvent ralenti par l’absence de diligence de certaines administrations concernées qui ne réagissent pas aux correspondances du Médiateur de la République’’, déplore-t-on dans le rapport annuel.

Or, ‘’la circulaire primatorale n° 014 du 29 décembre 2004 devrait permettre d’éviter cette situation. En effet celle-ci rappelle à toutes les autorités ministérielles l’obligation de donner suite aux correspondances du Médiateur de la République pour lui faciliter sa mission’’, rappelle le document.

Il souligne ainsi que l’absence de réponse des administrations interpelées, d’une part et l’impatience compréhensible du requérant, d’autre part, constituent des contraintes majeures qui plombent souvent les démarches du Médiateur de la République dans son rôle de défenseur des citoyens et de l’Etat de droit.

Les 26 recommandations et les assurances du chef de l’Etat

Les récriminations des requérants portent notamment sur l’accès au foncier rural pour les femmes, la construction d’infrastructures routières, la mise en place de plateaux techniques de soins aux normes, le financement en faveur des PME et des PMI, entre autres. 

Face à cette situation, le chef de l’Etat, Bassirou Faye a demandé que ’’toutes (les) énergies et expertises doivent être mobilisées, à l’effet de satisfaire, de manière optimale, les demandes d’accès aux services sociaux de base. Celles émanant des zones de terroir méritent une attention particulière’’.

Il a en ce sens annoncé que des mesures seront prises en vue d’apporter ‘’effectivement’’ des réponses aux préoccupations exprimées par les populations et consignées dans le rapport 2025 du médiateur de la République et qu’il veillera à ce que l’administration territoriale mobilise les moyens disponibles à cette fin. 

‘’L’Etat du Sénégal a pris l’exacte mesure des préoccupations recensées dans votre Rapport et exprimées par les populations rencontrées durant vos tournées régionales. Des instructions seront données pour leur prise en charge effective’’, a-t-il déclaré, mercredi, s’adressant au Médiateur.

Dans le rapport annuel remis au président Faye, le Médiateur a formulé 26 recommandations portant essentiellement sur les réformes institutionnelles, les droits des citoyens, les conditions de détention ou encore la modernisation de l’administration.

Ce à quoi le chef de l’Etat a réagi en ces termes: ‘’Vos préconisations relatives à l’amélioration des conditions de détention, par la suppression des modes intrusifs de fouille et les procédés de palpation ainsi que par la décongestion des établissements pénitentiaires, sont en phase avec les récentes options du gouvernement’’.

Il a dans le même temps reconnu que les propositions de redimensionnement des missions du Conseil constitutionnel et d’ouverture aux citoyens d’une voie d’action en contrôle de constitutionnalité des lois, méritent d’être soulignées.

AUT: ABB/OID/SBS/