AFRIQUE-ENVIRONNEMENT-ENJEUX
De l’envoyé spécial de l’APS à Accra, Abibou Ndiaye
Accra, 22 sept (APS) – Le député sénégalais et membre du Parlement de la CEDEAO, Guy Marius Sagna, a exprimé, mardi à Accra, ses réserves sur la pertinence d’un recours aux marchés et crédits du carbone comme réponse au changement climatique, assimilant ce mécanisme comme une manière de permettre aux pays et acteurs émetteurs de continuer à polluer moyennant une contrepartie financière.
‘’Le marché carbone et le crédit carbone, c’est la même chose : droit de polluer, permis de polluer‘’, a-t-il notamment déclaré lors d’un débat, à Accra, consacré aux enjeux climatiques, dans le cadre de la deuxième session extraordinaire du Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
‘’Au lieu de réduire leur pollution, on nous paye pour que les autres puissent polluer‘’, a-t-il martelé, déplorant l’idée selon laquelle ‘’la protection des forêts africaines doit être conditionnée à une rémunération provenant de mécanismes carbone’’.
Le parlementaire a notamment relevé la responsabilité des pays africains dans la préservation de leurs écosystèmes, insistant sur la nécessité de protéger les forêts, de restaurer les terres et de préserver les cours d’eau.
Selon lui ‘‘ces actions doivent relever d’une politique environnementale assumée par les États africains’’.
Guy Marius Sagna a également évoqué les conséquences de certaines activités extractives sur les écosystèmes ouest-africains, faisant notamment allusion à la situation du fleuve Sénégal et les effets qu’il attribue à l’orpaillage.
De ce point de vue, il a appelé les pays africains à décréter ‘’l’état d’urgence climatique‘’ et à ‘’renforcer les moyens consacrés à la protection de l’environnement et à la sensibilisation des populations’’.
AN/SMD/MTN
