CEDEAO : un député sénégalais plaide pour un accès direct des collectivités aux financements climatiques
CEDEAO : un député sénégalais plaide pour un accès direct des collectivités aux financements climatiques

AFRIQUE-COLLECTIVITÉS-FINANCEMENT

De l’envoyé spécial de l’APS à Accra, Abibou Ndiaye

Accra, 22 sept (APS) – Le député sénégalais Mamadou Mory Diaw a plaidé, mardi à Accra, pour un accès direct des collectivités territoriales aux financements climatiques, estimant que les ressources destinées à la lutte contre les effets du changement climatique n’atteignent pas suffisamment les populations à la base.

‘’Si vous voulez aider les collectivités territoriales, il faudra financer directement leurs projets dans le domaine de l’environnement‘’, a-t-il déclaré lors d’un panel consacré aux enjeux de climat, de sécurité humaine et de développement durable, organisé dans le cadre de la deuxième session extraordinaire du Parlement de la CEDEAO dans la capitale ghanéenne. 

Selon le parlementaire sénégalais, les collectivités territoriales disposent d’une connaissance directe des conséquences du changement climatique et devraient, à ce titre, pouvoir accéder plus facilement aux ressources consacrées à l’adaptation.

M. Diaw a cité l’exemple des inondations survenues, selon lui, dans la vallée du fleuve Sénégal au cours des années 2024 et 2025.

‘’Toute la vallée du fleuve était inondée, complètement inondée‘’, a-t-il affirmé, faisant état de ”familles déplacées, de postes de santé et de marchés fermés et de populations contraintes de vivre encore sous des tentes”.

Le député a estimé que les mécanismes actuels de financement ne permettent pas toujours aux ressources d’arriver jusqu’aux collectivités et aux communautés directement affectées par les effets du changement climatique.

‘’Si on passe par nos États, les financements n’arriveront jamais au niveau de la base”, a-t-il soutenu, préconisant des mécanismes permettant de financer directement des projets portés par les collectivités territoriales.

Il a notamment évoqué l’expérience des programmes de développement communautaire financés avec l’appui de la Banque mondiale, estimant que des mécanismes similaires pourraient être mobilisés pour les projets environnementaux et climatiques des collectivités.

Mamadou Mory Diaw a également évoqué les difficultés auxquelles sont confrontées les collectivités côtières, notamment en matière de protection de l’environnement et de lutte contre l’érosion côtière.

Il a, par ailleurs, déploré le décalage entre les annonces de financements climatiques et leur concrétisation sur le terrain, rappelant avoir entendu parler, depuis plusieurs années, du Fonds vert pour le climat sans, selon lui, en percevoir suffisamment les effets au niveau local.

‘’Pour moi, le Fonds vert n’existe que dans le langage, mais on ne l’a jamais vu”, a-t-il déclaré.

Le Fonds vert pour le climat est un mécanisme financier créé dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques pour aider les pays en développement à financer des projets d’atténuation et d’adaptation au changement climatique.

L’intervention du député intervient alors que le Parlement de la CEDEAO consacre, à Accra, sa deuxième session extraordinaire de 2026 aux liens entre changement climatique, sécurité humaine et développement durable dans l’espace communautaire.

AN/MTN