Les pouvoirs publics invités à faire de la santé de la femme “une priorité stratégique”
Les pouvoirs publics invités à faire de la santé de la femme “une priorité stratégique”

SENEGAL-AFRIQUE-SANTE-PLAIDOYER

Dakar, 18 juin (APS) – Des responsables et experts de la santé ont appelé à ériger en priorité stratégique les questions liées à la santé de la femme africaine, jeudi, à Dakar, en vue de garantir un développement durable et une plus grande justice sociale.

Ils prenaient part au premier congrès international sur la santé de la femme africaine, portant sur le thème “Santé de la femme africaine : entre droits, défis et société”.

La rencontre de deux jours réunit des professionnels de santé, des chercheurs et des décideurs autour des principaux enjeux liés à la santé des femmes sur le continent.

La santé des femmes “ne se limite pas à une question médicale, mais constitue un indicateur majeur d’équité sociale et de développement”, a déclaré la présidente de l’Association des femmes médecins du Sénégal (AFEMS), Fatou Samba Ndiaye.

Les travaux de ce premier congrès vont porter notamment sur la couverture sanitaire universelle, la santé mentale, les violences basées sur le genre et les maladies non transmissibles, dont le cancer du col de l’utérus, a-t-elle indiqué.

Les pouvoirs publics invités à faire de la santé de la femme "une priorité stratégique"

Elle a insisté sur la nécessité d’accélérer la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), présentée comme un levier essentiel de prévention, tout en appelant à transformer les recommandations issues des échanges en politiques publiques concrètes.

Selon le doyen de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie (FMPO), le professeur Bara Ndiaye, “l’Afrique continue de faire face à d’importants défis, notamment la mortalité maternelle, les inégalités d’accès aux soins, les maladies non transmissibles et les violences faites aux femmes”.

M. Ndiaye a également mis en avant l’impact de facteurs sociaux tels que la pauvreté, les mariages précoces et les inégalités de genre sur la santé et le bien-être des femmes, tout en préconisant une mobilisation collective impliquant les pouvoirs publics, les familles, les communautés et les établissements de formation.

Il s’est toutefois félicité de la progression de la présence féminine dans les filières de santé au Sénégal, dont les femmes représentent désormais une part importante des effectifs.

Les pouvoirs publics invités à faire de la santé de la femme "une priorité stratégique"

La question de l’amélioration de l’accès des femmes aux services sanitaires s’inscrit dans les orientations de la Stratégie nationale de développement sanitaire et de la “Vision Sénégal 2050”, a souligné Ndèye Maguette Ndiaye, directrice de cabinet du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique.

“Il est important d’assurer le financement de la santé et du renforcement de la couverture sanitaire universelle afin d’assurer une meilleure protection des populations”, a ajouté Mme Ndiaye, représentant le ministre de tutelle.

Elle a également évoqué les efforts engagés pour accroître la couverture vaccinale contre le HPV et réduire les disparités territoriales en matière de prévention du cancer du col de l’utérus.

Les différents intervenants sont convenus que la promotion de la santé des femmes africaines passe par une approche intégrée associant accès aux soins, prévention, protection des droits, lutte contre les violences et amélioration des conditions socio-économiques, afin de faire de cette question un levier de développement pour les pays africains.

NSS/BK/HK