L’enclavement et la densité urbaine, facteurs clés de propagation de la diphtérie (expert)
L’enclavement et la densité urbaine, facteurs clés de propagation de la diphtérie (expert)

SENEGAL-SANTE

Dakar, 24 sept (APS) – Les localités rurales, enclavées ou frontalières, et les centres urbains densément peuplés sont les zones les plus exposées à la diphtérie, a fait savoir le docteur Jean-Pierre Diallo, gestionnaire d’incident diphtérie au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique (MSHP).

“Les districts les plus exposés sont ceux où plusieurs facteurs se cumulent : des zones rurales, enclavées ou frontalières, éloignées des postes de santé”, a-t-il notamment dit dans un entretien avec l’APS.

Il a cité le cas de localités du Sénégal oriental, telles Saraya, Salémata et la zone de Kédougou, où les sites d’orpaillage attirent une population très mobile.

La région de Kédougou reste l’épicentre de la maladie avec 33 cas, dont  23 dans le district de Kédougou, 8 à Saraya et 2 à Salémata, sur un total de 114 cas confirmés au Sénégal pour 11 décès à la date du 20 septembre 2026. 

La situation géographique de ces localités frontalières favorise également la progression de cette maladie dont font également face des pays voisins du Sénégal, renseigne Jean-Pierre Diallo.

Selon le gestionnaire d’incident, les zones urbaines très denses comme Guédiawaye et Touba sont aussi exposées à la maladie, “car la promiscuité y favorise la transmission”.

Avec 15 cas confirmés au 20 septembre, Dakar, la capitale sénégalaise, qui se distingue par la densité de sa population, occupe avec Louga (16 cas à la même période) le trio de tête des régions les plus touchées par la diphtérie.

D’après le MSHP, la diphtérie se transmet par la toux et les éternuements, ou par contact direct.

Elle se manifeste par un mal de gorge, de la fièvre, une difficulté à avaler, un enrouement ou un cou gonflé. Des membranes grisâtres dans la gorge, avec parfois une gêne respiratoire, comptent aussi parmi les symptômes de la maladie. 

Évoquant les mesures prise par le ministère de la Santé pour arrêter la propagation de la maladie, le docteur Jean-Pierre Diallo a assuré que les cas enregistrés sont suivis pendant 10 jours et qu’une investigation systématique est menée autour de chacun d’eux. 

“Nous identifions et suivons les contacts, renforçons la surveillance et organisons la vaccination de rattrapage. Nous sensibilisons aussi les populations pour qu’elles consultent [un médecin] dès les premiers signes”, a-t-il indiqué.

Ces différentes actions s’inscrivent dans le cadre de l’activation du COUS – Centre des opérations d’urgence sanitaire. Ce qui veut dire que la diphtérie est désormais gérée comme une urgence de santé publique nationale, selon le gestionnaire d’incident.

“La riposte, placée sous un commandement unique, avec un gestionnaire d’incident, réunit les directions du ministère, les régions et les partenaires comme l’OMS, l’UNICEF et la Croix-Rouge. Cela permet de mobiliser rapidement des fonds et du matériel, de coordonner la logistique et de publier des points de situation réguliers”, a fait savoir docteur Jean-Pierre Diallo.

“Avec des cas dans 12 régions sur 14, la réponse ne peut plus être seulement régionale”, a-t-il relevé.

ABB/BK