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Dakar, 6 août (APS) – L’Organisation des Nations unies met en garde contre un risque terroriste particulièrement élevé dans plusieurs régions d’Afrique où le groupe État islamique (Daech) continuent d’étendre son influence, particulièrement le Sahel et le bassin du lac Tchad, devenus ses principaux foyers d’expansion.
Ce point de la situation émane d’un rapport sur la menace posée par Daech, du secrétaire général, Antonio Guterres, présenté mercredi devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
Le chef de l’ONU estime ainsi que le risque terroriste demeure particulièrement élevé dans plusieurs régions d’Afrique, où certaines branches de Daech continuent d’étendre leur influence.
Le document présenté par Oguljeren Niyazberdiyeva, membre du Bureau des Nations Unies contre le terrorisme (UNOCT), identifie le Sahel et le bassin du lac Tchad comme les principaux foyers d’expansion du groupe d’idéologie djihadiste formé à partir de l’acronyme arabe Ad-Dawla al-Islamiya fil-Iraq wa-sh-Sham ( État islamique en Irak et au Levant).
La Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) reste aujourd’hui la filiale la plus active de Daech dans le monde, note le rapport, indiquant que le mouvement terroriste poursuivait son développement militaire, en recourant de plus en plus à des drones commerciaux pour améliorer ses capacités de surveillance et d’attaque.
Le rapport mentionne qu’en République démocratique du Congo (RDC) et au Mozambique, les groupes affiliés poursuivent également leurs offensives malgré la pression exercée par les forces nationales et régionales. Ils continuent parallèlement à recruter de nouveaux combattants et à renforcer leurs réseaux locaux.
‘’Le groupe terroriste avait profondément transformé son mode de fonctionnement pour survivre aux campagnes militaires menées contre lui. Daech continue de poser une grave menace à la paix et à la sécurité internationales malgré les efforts internationaux’’, a souligné Oguljeren Niyazberdiyeva dans des propos rapportés par Onu-info, le site d’information des Nations unies.
D’une manière générale, le rapport signale que les opérations antiterroristes ont considérablement affaibli la direction centrale de Daech et réduit sa capacité à planifier et coordonner des attaques complexes à l’échelle internationale.
Il relève que cette pression n’a pas fait disparaître la menace, le groupe s’étant progressivement transformé en un réseau décentralisé de filiales régionales, liées par une idéologie commune et bénéficiant d’une plus grande autonomie opérationnelle.
Cette évolution permet au groupe de s’adapter plus facilement aux contextes locaux et de poursuivre ses activités malgré les pertes subies, estiment les Nations unies, parlant en même temps d’une stratégie illustrant la capacité de Daech à exploiter les fragilités institutionnelles, les conflits prolongés et les difficultés économiques pour étendre son implantation.
Le rapport alerte également sur l’utilisation croissante des nouvelles technologies par Daech, l’ONU assurant que le groupe exploite désormais l’intelligence artificielle, les plateformes numériques, les communications chiffrées, les actifs virtuels et les drones sans pilote afin d’adapter ses méthodes de propagande, de recrutement, de financement et de planification.
Pour l’ONU, cette évolution rend indispensable un renforcement de la coopération internationale, mais aussi un dialogue plus étroit avec les entreprises technologiques et le secteur privé afin d’améliorer la gouvernance de ces outils émergents.
Le rapport fait toutefois observer que ces mêmes technologies pouvaient également devenir de puissants instruments de prévention et de lutte contre le terrorisme lorsqu’elles sont utilisées de manière responsable et dans le respect du droit international.
AKS/SMD
