La généralisation de la vaccination à la naissance a fait reculer l’hépatite B, selon le professeur Bamba Kane
La généralisation de la vaccination à la naissance a fait reculer l’hépatite B, selon le professeur Bamba Kane

SENEGAL-SANTE-STRATEGIE

Dakar, 26 juillet (APS)- La généralisation de la vaccination contre l’hépatite B à la naissance a permis de réduire significativement la prévalence de cette maladie au Sénégal, même si le niveau de circulation du virus demeure préoccupant, a indiqué le coordonnateur du Programme national de lutte contre les hépatites, le professeur Bamba Kane.

La prévalence de la maladie “est passée de 17 à 18 % au début des années 2000 à une fourchette comprise entre 5,7 et 10 % aujourd’hui, grâce notamment à l’introduction du vaccin dans le Programme élargi de vaccination (PEV)”, a-t-il expliqué dans un entretien accordé à l’APS, en prélude de la Journée mondiale contre l’hépatite, le 28 juillet.

“Les enfants sont désormais systématiquement vaccinés à la naissance, ce qui explique cette tendance baissière”,  a relevé le spécialiste, selon lequel ces résultats restent toutefois “insuffisants” au regard du poids de la maladie.

Les hépatites demeurent souvent “silencieuses” et de nombreuses personnes ignorent leur statut, a souligné le professeur Kane, insistant sur l’importance du dépistage précoce, de l’observance des mesures hygiéno-diététiques et de l’accès aux traitements disponibles et subventionnés par l’État afin d’éviter les complications.

Selon le professeur Bamba Kane, au cours de la semaine écoulée, le Programme national de lutte contre les hépatites a vacciné près de 1.000 étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie et 300 élèves de l’École nationale des infirmiers et sages-femmes, dans le cadre de ses campagnes de prévention.

Le Sénégal a adopté un plan stratégique national d’intégration visant la triple élimination des hépatites, du sida et de la tuberculose d’ici 2030, a signalé le coordonnateur du Programme de lutte contre les hépatites.

Le choix retenu cette année pour la Journée mondiale contre l’hépatite, à savoir “Elimination pour tous, partout et maintenant”, se justifie par “le caractère préoccupant” de l’épidémie et le manque de connaissance de cette maladie silencieuse.

Aussi le professeur Kane lance-t-il un appel aux populations, en soulignant que le dépistage “est indispensable” pour connaître son statut et “prévenir les complications”.

Il a dans le même temps invité les décideurs à faire la lutte contre les hépatites, “une priorité de santé publique”.

“Il faut aider le Programme [national de lutte] à atteindre ses objectifs dont le principal est de rendre accessible les moyens de prise en charge des hépatites partout au Sénégal”, a-t-il par ailleurs lancé à l’endroit des partenaires financiers.

NSS/BK/SBS