SÉNÉGAL-MEDIAS
Dakar, 24 fev (APS) – Le président de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), Mamadou Diagne, a invité, mardi, ses confrères, notamment ceux animant des plateaux télé, à plus de responsabilité dans l’exercice de la liberté de presse, afin de ne pas tomber sous le coup de la loi.
‘’Ce qu’on constate, c’est qu’il y a de plus en plus de profils qui sont sur les plateaux, qui disent des choses et qui, après, sont convoqués à la police ou à la gendarmerie. Et après, on nous reproche de ne pas assister tel ou tel profil. Il y a un aspect responsabilité qu’il faut prendre en compte’’, a-t-il exhorté.
Il s’exprimait ainsi à l’ouverture de la session d’une formation de trois jours au profit de 14 journalistes provenant des 14 régions du pays, sur le thème de la collecte et du suivi de données exactes en matière de violations de la liberté de la presse au Sénégal.
Le président de la CJRS a notamment appelé les journalistes ’’à la responsabilité, surtout dans des émissions télévisées’’.

Selon lui, certains journalistes sont sur les plateaux ‘’pour des intérêts politiques ou économiques’’ et se permettent d’attaquer sans preuve des gens et ensuite vouloir être soutenus par la CJRS.
Or, la ‘’responsabilité éditoriale’’ suppose, ‘’de ne pas dire certaines choses’’ qui peuvent mener son auteur devant la justice.
La cheffe de projet à RSF pour l’Afrique subsaharienne, Ndèye Diary Ba, a quant à elle souligné que le projet à l’origine de la formation des journalistes est déroulé sur trois ans avec le concours de la coloration allemande.
‘’Ce projet composé de trois axes, dont le premier concerne la protection, vise à renforcer et protéger efficacement les journalistes au Sénégal’’.
‘’Nous allons mettre en place, dans les différentes régions du Sénégal, un réseau de points focaux qui seront chargés de collecter des données, de les faire passer à RSF lorsqu’il y a, par exemple, des attaques, des violations de la liberté de la presse pour que nous puissions agir efficacement’’, a fait savoir Mme Ba.

Le deuxième volet, a-t-elle dit, est axé autour du plaidoyer et, ‘’avec l’aide des points focaux dans les régions, nous allons avoir des informations sur les situations locales qui nous permettront ensuite de produire un rapport national sur l’état de la liberté de la presse au Sénégal, mais également de rencontrer des autorités locales et de défendre les causes des journalistes’’.
Enfin, le troisième et dernier volet consiste à renforcer les capacités des journalistes en sécurité physique et sécurité numérique.
‘’Nous allons former des formateurs qui iront, ensuite, dans les régions former leurs pairs sur tout ce qui est sécurité physique et sécurité numérique, parce que c’est essentiel aujourd’hui pour les journalistes’’, a dit la cheffe de projet à RSF Afrique subsaharienne.
Ndèye Diary Ba a en outre rappelé que le classement du Sénégal en matière de la liberté de la presse est passé de la 48e à la 94e place ces dernières années, selon les données de RSF.
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