SENEGAL-SOCIETE-FONCIER
Koumpentoum, 25 sept (APS) – La pression démographique, les feux de brousse et la dégradation des sols sont des facteurs de déséquilibre ayant occasionné, à long terme, une réduction considérable de l’assiette foncière des terres neuves situées principalement dans les départements de Tambacounda et Koumpentoum, constate un rapport issu d’auditions d’acteurs locaux.
Ces auditions publiques locales se sont tenues jeudi dans les locaux de la préfecture de Koumpentoum, dans le cadre projet SENRésilience II, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Fondation Konrad Adenauer et l’ONG TAATAAN ASADIC.
Cette rencontre a été présidée par le préfet du département de Koumpentoum, Safiatou Joséphine Dieng, en présence du sous-préfet de Bamba Thialène, Al Hassane Cissé, du représentant de l’ONG TAATAN, Alyoune Badara Diop, et de la représentante de la Fondation Konrad Adenauer, Marie Jeanne Samba.
D’après ce rapport, l’arrivée massive de migrants a rapidement augmenté la densité de population dans les zones d’accueil, créant à terme une nouvelle rareté foncière.
Il évoque également une dégradation environnementale due aux méthodes de culture et à la déforestation pour étendre les surfaces cultivables.
Dans ce document issu des travaux, les participants signalent des différends qui émergent de plus en plus entre les autochtones et les populations venues du centre du pays.
Alors que les relations entre les deux communautés étaient initialement pacifiques, le manque de délimitation claire des terres et la concurrence pour l’espace ont généré des tensions opposant principalement les agriculteurs, majoritairement constitués de migrants du centre, et les éleveurs locaux, pratiquant le pastoralisme transhumant.
Les terres neuves, ainsi que les écosystèmes forestiers dont elles regorgent, sont également mis à rude épreuve par les feux de brousse qui entraînent de lourdes conséquences, telles que la perte de biomasse et la perturbation de la biodiversité.
Selon les acteurs locaux, plusieurs facteurs accentuent ce phénomène dans la zone. Ils relèvent l’activité humaine directe, pointant du doigt les fumeurs ainsi que les éleveurs qui utilisent le feu comme source de lumière.
L’utilisation du feu par les indicateurs de la douane pour repérer les fraudeurs, les activités des exploitants forestiers, ainsi que les feux précoces allumés par les services des Eaux et Forêts, font également partie des causes qui accentuent les feux de brousse dans la zone.
En outre, évoquent-ils des difficultés logistiques retardant les interventions des agents des Eaux et Forêts et des sapeurs-pompiers en cas de feu de brousse.
Pour trouver des solutions à ces problèmes, les participants invitent les communes concernées à prendre en compte l’expansion démographique en octroyant des délibérations foncières aux populations, afin de leur permettre de développer leurs activités culturales.
Ces acteurs plaident en outre pour la redynamisation des comités de veille et d’alerte pour faciliter la remontée rapide des renseignements auprès des autorités compétentes.

ABD/HB/SBS/BK
