L’héritage architectural de Cheikh Ngom revisité par de jeunes étudiants
L’héritage architectural de Cheikh Ngom revisité par de jeunes étudiants

SENEGAL-CULTURE

Dakar, 25 sept (APS) – Les travaux de quinze étudiants en architecture et urbanisme consacrés à l’œuvre de l’architecte sénégalais Cheikh Ngom (1935-2025) ont été présentés au public, vendredi, à l’École supérieure d’architecture, d’urbanisme et des beaux-arts (ARUBA-SUP), à Dakar, à l’issue d’un mois de recherche, de documentation et de production.

Cette restitution marque la clôture du Summer School ”Cheikh Ngom : Architecture, mémoire & transmission”, organisé du 31 août au 25 septembre par AKB HERITAGE, en collaboration avec ARUBA-SUP, le Collège universitaire d’architecture de Dakar (CUAD) et le département urbanisme, architecture et aménagement durable des territoires de l’Université Amadou Mahtar Mbow (UAM).

L’initiative vise à contribuer à une meilleure connaissance et à la transmission du patrimoine architectural moderne sénégalais à travers l’œuvre de Cheikh Ngom, l’un des premiers architectes sénégalais à avoir créé son propre cabinet dans les années 1970.

Les étudiants, répartis entre les trois établissements partenaires, ont concentré leurs recherches sur trois réalisations emblématiques de l’architecte dans le Plateau de Dakar : le siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Résidence Abdallah Fayçal et l’immeuble de la Fondation islamique Fahd Bin Abdel Aziz.

Ils ont notamment travaillé à partir d’archives, effectué des visites de terrain, redessiné des plans et réalisé des maquettes afin de documenter ces édifices et d’en faciliter la compréhension et la transmission.

”Beaucoup de personnes connaissent les bâtiments qu’il a réalisés, mais très peu savent qui est derrière”, a relevé Alyssa Barry, architecte, fondatrice et directrice d’AKB HERITAGE, soulignant la volonté de rendre hommage à Cheikh Ngom et de faire davantage connaître son parcours.

Selon elle, le projet part également du constat que l’architecte, malgré l’importance de sa production, demeure peu connu du grand public.

”Il était important pour nous que le Sénégal puisse lui rendre hommage”, a-t-elle ajouté, estimant que la Summer School permet aux étudiants de devenir eux-mêmes des acteurs de la documentation et de la valorisation de cet héritage.

Le programme a été ponctué de visites architecturales, de séances de travail et de rencontres avec des architectes, chercheurs et professionnels intervenant sur des thématiques liées au patrimoine moderne africain, au brutalisme, au modernisme tropical, aux archives et aux nouvelles techniques de documentation.

Les étudiants ont notamment visité le cabinet de Cheikh Ngom, les bâtiments étudiés ainsi que le Musée de la monnaie de la BCEAO.

Des échanges ont également porté sur d’autres réalisations architecturales de la période postindépendance.

La démarche s’appuie notamment sur les archives personnelles de Cheikh Ngom, consultées avec l’accord de sa famille, ainsi que sur des recherches documentaires menées avant et pendant la Summer School.

L’œuvre de l’architecte témoigne d’une recherche d’articulation entre fonctionnalité, modernité et références au contexte africain.

La tour de la BCEAO, réalisée avec Pierre Goudiaby à la suite d’un concours lancé dans les années 1970, est notamment inspirée du fromager de Casamance, tandis que l’immeuble Fayçal illustre son travail sur les formes, le béton et la protection solaire.

Pour Alyssa Barry, l’un des enjeux du projet est également de permettre aux nouvelles générations d’architectes de s’approprier cette histoire et de participer à sa transmission.

Les productions présentées lors de cette restitution serviront à la préparation d’une exposition-parcours consacrée à Cheikh Ngom, prévue à Dakar dans le cadre du OFF de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar prévu du 19 novembre au 19 décembre 2026.

L’exposition devrait notamment être accompagnée de balades architecturales dans le Plateau, d’un catalogue et d’une conférence au Musée des civilisations noires.

Le Summer School bénéficie du soutien du Bureau régional multisectoriel de l’UNESCO pour l’Afrique de l’Ouest à Dakar et de RSE Sénégal.

Cette dernière structure a notamment animé une session consacrée aux liens entre architecture, responsabilité sociétale et développement durable.

MK/BK