Kaolack : l’annonce d’une régulation du prix du loyer à usage d’habitation diversement accueillie
Kaolack : l’annonce d’une régulation du prix du loyer à usage d’habitation diversement accueillie

SENEGAL-LOGEMENT-REGULATION-REPORTAGE

‎Kaolack, 3 sept (APS) – A Kaolack (centre), l’annonce du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, sur la nécessité de réguler les prix du loyer à usage d’habitation est accueillie de manière diverse. Si de nombreux locataires y voient une lueur d’espoir face à la hausse des charges liées au logement, des acteurs de l’immobilier invitent, eux, les autorités à tenir compte des réalités du marché.

‎‎Dans plusieurs quartiers de la commune, le coût ”élevé” du loyer revient régulièrement dans les conversations entre locataires. Pour certains ménages, il devient de plus en plus difficile de faire face, surtout dans un contexte marqué par la ”hausse générale du coût de la vie”.

‎‎L’appel du chef de l’Etat, mercredi en Conseil des ministres, est donc suivi avec beaucoup d’intérêt par les locataires rencontrés dans la capitale du Saloum.

Le président Bassirou Diomaye Faye a jugé ”impératif” de réguler les coûts du loyer et appelé au déploiement efficace des dispositifs réglementaires et coercitifs appropriés, selon le communiqué du Conseil des ministres.

‎‎Pour plusieurs locataires, cette orientation pourrait permettre de mettre fin à certaines augmentations ”prises unilatéralement par les bailleurs” et jugées excessives par les locataires et de mieux encadrer les relations entre propriétaires et occupants.

‎‎“Le coût du loyer devient de plus en plus difficile à supporter. Lorsque le propriétaire décide d’augmenter le prix, le locataire n’a souvent pas beaucoup de possibilités”, témoigne Insa Diouf, rencontré en centre-ville de Kaolack.

‎‎Selon lui, une meilleure régulation devrait surtout permettre de clarifier les conditions dans lesquelles un loyer peut être augmenté et de renforcer la protection des locataires.

‎‎Il déplore également ce qu’il considère comme un ”désordre réglementaire” dans le secteur et le non-respect, dans certains cas, des textes régissant le loyer au Sénégal.

‎Amy Diakhaté partage cet avis et insiste particulièrement sur la nécessité d’un contrôle effectif sur le terrain. ‎“Il faut que les textes soient appliqués. Si les prix sont fixés ou encadrés, il faut également veiller à ce que les propriétaires les respectent”, soutient-elle.

‎‎Pour elle, les efforts de lutte contre la cherté de la vie doivent aussi porter sur le logement, au même titre que sur les produits de consommation courante.

‎‎Du côté des acteurs de l’immobilier, l’annonce présidentielle est accueillie avec davantage de prudence. Ils estiment qu’une éventuelle régulation ne devrait pas être uniforme, les prix variant fortement d’un quartier à un autre.

‎‎À Kaolack, le montant d’un loyer dépend notamment de la localisation du logement, de sa superficie, de son état, de son niveau d’équipement et de son accessibilité.

‎‎Rencontré au quartier Bongré, non loin de la route nationale numéro un (RN1), un quinquagénaire estime que le principal défi sera de trouver un équilibre entre les intérêts des locataires et ceux des propriétaires.

‎Pour lui, il faut lutter contre les augmentations injustifiées sans pour autant ignorer les charges supportées par les propriétaires. ‎“Il faut aussi tenir compte des investissements réalisés, du coût des matériaux de construction et des dépenses d’entretien des bâtiments”, souligne-t-il.

‎‎À ses yeux, la régulation des prix du loyer à usage d’habitation ne saurait, à elle seule, régler la question du logement. Il préconise également une augmentation de l’offre de logements sociaux accessibles aux ménages à revenu modeste.

‎Dans la commune de Kaolack, où la demande en logements demeure importante, les locataires attendent désormais de voir comment la volonté exprimée par le président de la République sera concrètement traduite sur le terrain.

‎MS/ABB/MTN