Une étude relève des inégalités d’accès et des insuffisances dans le financement de la santé communautaire
Une étude relève des inégalités d’accès et des insuffisances dans le financement de la santé communautaire

SENEGAL-SANTE-DIAGNOSTIC

Dakar, 3 sept (APS) -D’importantes disparités territoriales persistent dans l’accès aux structures de soins, avec une faible coordination des acteurs entrainant des déséquilibres croissants dans le financement de la santé communautaire au Sénégal, a révélé une étude sur le secteur publiée jeudi à Dakar.

L’étude rendue publique jeudi lors d’un atelier de restitution des résultats du Plan d’expansion de santé intégrée au Sénégal, a identifié deux principaux écarts : un écart d’accès, lié notamment aux inégalités géographiques, et un écart de qualité, caractérisé par une variabilité des services offerts selon les territoires.

Cet atelier de restitution est organisé par la direction de la planification et du partenariat, en collaboration avec la structure Santé intégrée.

L’étude met également en évidence une forte centralisation de la gouvernance, une autonomie limitée des territoires et une coordination horizontale insuffisante entre les différents acteurs de la santé communautaire.

Sur le plan du financement, l’étude fait ressortir une dégradation, avec un excédent de 6 % en 2021, suivi de déficits de 16 % en 2022 et de 19 % en 2023.

Pour expliquer ce déséquilibre du financement, les auteurs évoquent une allocation ‘’inefficiente des ressources et une mobilisation insuffisante des financements domestiques’’.

L’étude constate également une importante variabilité dans la mise en œuvre des politiques selon les territoires, des capacités locales limitées et une coordination insuffisante.

Elle souligne, par ailleurs, que les données sanitaires sont disponibles mais encore sous-utilisées pour la prise de décision, particulièrement au niveau déconcentré.

La complétude nationale des données est passée de 78 % en 2019 à 97 % en 2023, avant de retomber à 86 % en 2025, a fait ressortir l’étude.

Malgré ces difficultés, a poursuivi l’étude, le système dispose de plusieurs atouts, notamment des politiques nationales cohérentes, un réseau communautaire de plus de 43 000 acteurs et une volonté croissante de digitalisation et de gouvernance axée sur les résultats.

L’analyse note une fragmentation du système, marquée par la multiplicité des acteurs et des ‘’interventions souvent verticales et peu coordonnées’’

Elle relève aussi la ‘’faible professionnalisation’’ des agents de santé communautaire, caractérisée notamment par l’absence de statut formel, des incitations limitées et des insuffisances en matière de formation et de supervision.

Face à ces constats, l’étude recommande de renforcer la coordination multi-acteurs, de professionnaliser progressivement les agents de santé communautaire, d’améliorer l’utilisation des données, de revoir les mécanismes de financement et d’adopter une mise en œuvre progressive et territorialisée.

NSS/OID/MTN