SENEGAL-MEMOIRE-ENJEUX
Dakar, 3 août (APS) – Le projet d’écriture de l’Histoire générale du Sénégal (HGS) ambitionne de saisir des opportunités qu’offre le numérique dans une perspective de rendre les connaissances historiques plus accessibles au grand public, en s’appuyant sur des outils pédagogiques et des supports numériques pour une meilleure accessibilité au savoir scientifique, qui reste traditionnellement dans les bibliothèques et autres institutions savantes, informe le quotidien national Le Soleil qui a consacré un large dossier à ce sujet.
Faisant allusion au rapport général 2024-2026 de HGS qui a été présenté au président de la République, le journal souligne qu’après la publication d’ouvrages et la réorganisation de son corpus en neuf volumes, le projet entend notamment élargir l’accès aux savoirs historiques en associant rédaction scientifique, communication, outils pédagogiques et intelligence artificielle.
Le document part du constat selon lequel les recherches scientifiques demeurent largement confinées aux bibliothèques universitaires et aux cercles spécialisés. Leur langage, leur volume et leurs modes de diffusion les rendent difficilement accessibles aux élèves, aux enseignants et à une partie de la population, indique-t-on.
‘’La refondation vise donc à transformer les résultats scientifiques en contenus utilisables dans l’éducation et dans l’espace public’’, rappelle la même source.
La première étape de cette stratégie prévoit la constitution d’une base de données historique fiable, reposant sur le classement, la vérification et le référencement des informations issues des ouvrages scientifiques, souligne le texte.
Une plateforme historique destinée aux Sénégalais ‘’ne peut rester enfermée dans le seul français’’
Selon le rapport, cette démarche répond à la nécessité de garantir des ‘’contenus fondés sur les travaux de spécialistes et validés scientifiquement, dans un contexte marqué par la circulation rapide d’informations approximatives sur les réseaux sociaux’’.
Cette base documentaire devrait ensuite servir à la production de divers supports numériques et pédagogiques, notamment, des livres électroniques, des flipbooks, des podcasts, des films et des bandes dessinées, chaque format étant destiné à un public spécifique, ajoute le journal.
Il s’agira de faire en sorte également que les ouvrages scientifiques continuent d’être destinés à la recherche, tandis que les contenus simplifiés accompagnent les activités d’enseignement et de vulgarisation.
Le rapport présenté au chef de l’Etat s’est aussi attardé sur les enjeux linguistiques, notant qu’une plateforme historique destinée aux Sénégalais ‘’ne peut rester enfermée dans le seul français’’.
Dans cette perspective, il préconise une prise en compte progressive des langues nationales afin de faciliter l’accès des communautés aux connaissances relatives à leur histoire.
Le document insiste toutefois sur la nécessité de maintenir une ‘’validation scientifique rigoureuse’’, notant que les récits oraux doivent être confrontés aux archives, aux vestiges archéologiques et aux recherches disponibles.
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