SENEGAL-SANTE
Dakar, 27 octobre (APS) – Plus d’un millier de personnes vivant avec l’hépatite B ont bénéficié d’une prise en charge gratuite dans le cadre d’un projet d’étude prospective et multicentrique consacrée au suivi de l’infection chronique par le virus de l’hépatite B (VHB) au Sénégal, dénommée Senegalese Hepatitis B Cohort (SEN-B), a-t-on appris, mardi, du professeur Moussa Seydi, chef du Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) de l’hôpital de Fann, à Dakar.
Senegalese Hepatitis B Cohort (SEN-B) est une initiative lancée en 2019 par le Pr Moussa Seydi en collaboration notamment avec l’Université de Berne, en Allemagne, visant à consolider les acquis et renforcer les activités de recherche, de formation et de soins sur la période 2026-2030.
Elle est basée principalement dans des services hospitaliers de référence à Dakar, tels que le Service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) de l’Hôpital Fann et l’Hôpital Principal de Dakar (via le réseau HEPSANET dirigé par le Dr Fatou Fall et le Dr Ibrahima Diallo.
Selon le Pr Seydi, le projet SEN-B a permis à plus de 1 000 patients de bénéficier de consultations, d’échographies semestrielles, de mesures de la charge virale, de bilans biologiques et de traitements gratuits.
Il s’exprimait ainsi lors de l’atelier annuel de ce programme au cours duquel un bilan des activités menées entre 2020 et 2026 et les perspectives pour les quatre prochaines années ont été abordés.
”Ce projet a également contribué au financement d’interventions chirurgicales, notamment lorsque la détection d’un nodule hépatique justifiait des investigations ou une opération’’, a également mentionné le PR Seydi.
Le projet SEN-B couvre plusieurs domaines, notamment la recherche fondamentale, les études cliniques et thérapeutiques, la prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant, les sciences sociales, l’économie de la santé et les nouvelles technologies.
‘’Dans ce projet, il y a eu zéro transmission’’ de la mère à l’enfant, a affirmé le professeur Seydi, évoquant les résultats obtenus dans le volet consacré à la prévention.
‘’Les recherches en sciences sociales permettent, pour leur part, de mieux comprendre les perceptions de la maladie et les difficultés rencontrées par les patients, afin d’adapter les stratégies de sensibilisation et d’accompagnement’’, a relevé le chef de service des maladies infectieuses et tropicales (SMIT) de l’hôpital de Fann.
Le financement demeure toutefois un défi. Le professeur Seydi a plaidé pour une contribution accrue des autorités sanitaires, notamment du Programme national de lutte contre les hépatites, afin d’alléger les charges supportées par les partenaires du projet et de faciliter l’accès des patients au ténofovir.
Pour le professeur Gilles Wandeler, spécialiste des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire de Berne, en Suisse, la prochaine phase du projet devra s’appuyer sur les données accumulées pour approfondir l’évaluation de l’efficacité du ‘’ténofovir’’, un médicament utilisé contre l’hépatite B, et mieux cerner les facteurs qui influencent l’évolution des patients sous traitement.
Il a notamment déploré les inégalités d’accès aux traitements, comparant la gratuité de la prise en charge du VIH à la difficulté d’obtenir gratuitement certains médicaments contre l’hépatite B.
Le professeur Wandeler a précisé que le projet bénéficie de plusieurs sources de financement, notamment de la recherche suisse, de partenaires universitaires américains et d’un appui de l’industrie pharmaceutique pour les examens de laboratoire. Le financement mobilisé pour la prochaine période est estimé à environ 200 000 euros par an.
La consolidation des partenariats scientifiques et financiers, ainsi que le renforcement de la collaboration avec les autorités sanitaires, figurent ainsi parmi les enjeux majeurs de la période 2026-2030.
NSS/HK/ADL/ABB

