Filière chevaline : l’Etat mise sur une politique de modernisation portée par les haras publics, l’amélioration génétique et la technologie
Filière chevaline : l’Etat mise sur une politique de modernisation portée par les haras publics, l’amélioration génétique et la technologie

SENEGL-SOCIETE-COMMEMORATION-PERSPECTIVES

Dakar, 10 juil. (APS) – L’État du Sénégal poursuit ses investissements dans l’amélioration génétique du cheptel chevalin, à travers un réseau de haras publics, le développement de l’insémination artificielle et l’identification électronique des chevaux, une politique dont les résultats commencent à se faire sentir, a-t-on appris du directeur du développement des équidés au ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage. 

‘’Cette politique repose notamment sur un réseau de cinq haras publics : le haras national de Kébémer, ceux de Thiès, Kaolack, Mbacké et Dahra. Celui-ci, créé pendant la période coloniale, a récemment été réhabilité’’, a indiqué Dr Alphonse Sène, soulignant que le Sénégal compte 665 000 de chevaux, selon les dernières données datant de 2023.

Il s’exprimait dans le cadre d’un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS) en prélude de la Journée mondiale du cheval instituée l’année dernière par les Nations unies et célébrée le 11 juillet de chaque année.

Cette politique de modernisation de la filière chevaline est mise en œuvre par la direction du développement des équidés et ses trois démembrements : la division de la production équine, la division des courses hippiques et la division de la traction hippomobile.

Selon le directeur du développement des équidés, ces haras constituent le socle de la politique nationale de développement de la filière avec une certaine orientation pour l’amélioration génétique passée sur l’importation d’étalons pur-sang anglais et arabes.

Cette stratégie s’appuie notamment sur le croisement des races avec des laboratoires d’insémination artificielle totalement équipés en matériels vétérinaires de pointe permettant d’assurer un meilleur suivi de la reproduction, s’est-il réjoui.

Plus de 500 poulains améliorés par an

‘’Grâce à ce dispositif, nous parvenons à produire plus de 500 poulains améliorés par an”, a-t-il déclaré, ajoutant que les chevaux issus de ce programme sont vendus entre 500 000 et 40 millions de francs CFA.

Parallèlement les autorités poursuivent un vaste programme d’identification du cheptel avec le puçage électronique des chevaux, une opération de traçabilité qui permet de renforcer leur suivi sanitaire, a fait savoir Dr Alphonse Sène.

‘’Plus de 32 000 chevaux ont déjà été identifiés, et l’État vient de mettre à disposition 50 000 nouvelles puces électroniques”, a-t-il annoncé, ajoutant qu’en dehors du Maghreb et de l’Afrique du Sud, le Sénégal est l’un des pays ayant le plus investi dans le développement de la filière.

Le Sénégal dispose déjà d’atouts importants pour développer son écosystème chevalin, puisqu’il existe un cheptel conséquent, des infrastructures de reproduction bien établies, un savoir-faire reconnu et un marché régional porteur, selon lui.

La bien-être sanitaire du cheval, un des axes majeurs

Plaidant pour davantage de moyens financiers et de ressources humaines techniques afin de mieux développer et valoriser les avantages comparatifs du pays par rapport à ses voisins, qui s’y approvisionnent en chevaux, le directeur du développement des équidés a fait observer que la question du bien-être sanitaire de cette espèce d’équidés constitue l’un des axes majeurs de la politique de modernisation de la filière.

‘’On peut dire que toutes nos actions tournent autour de la santé du cheval. Un suivi vétérinaire permanent est assuré, que ça soit dans les haras ou sur les hippodromes”, a souligné Dr Alphonse Sène.

Il a dans le même temps précisé que les équipes de la Direction du développement des équidés assurent régulièrement le suivi sanitaire des chevaux engagés dans les compétitions, procédant également à des contrôles antidopage systématique sur les six chevaux arrivés en tête des courses hippiques.

Le vétérinaire a en outre précisé que la prévention et la lutte contre les maladies animales relèvent principalement de la Direction des services vétérinaires avec laquelle ses services collaborent étroitement.

Evoquant l’importance pour le Sénégal de commémorer la Journée mondiale du cheval, Dr Alphonse Sène a fait savoir que cette journée s’inscrit dans une dynamique de développement du secteur équin dont le potentiel reste encore insuffisamment exploité.

”C’est une commémoration importante. L’instauration de cette Journée mondiale traduit la reconnaissance, à l’échelle internationale, de la contribution du cheval au développement économique des sociétés’’, a dit le directeur du développement des équidés, non sans souligner les autres usages du cheval liés aux loisirs, au sport et à la culture.

MYK/ABB/MTN