SENEGAL-SOCIETE-COMMEMORATION
Dakar, 9 juil (APS) –Le directeur du développement des équidés au ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a mis en exergue le rôle majeur du cheval dans l’économie sénégalaise, indiquant qu’il contribue, avec l’âne, à près des deux tiers de la production agricole.
‘’Les équidés, notamment le cheval et l’âne, contribuent à près des deux tiers de la production agricole et sylvo-pastorale”, a déclaré le Dr Alphonse Sène dans un entretien accordé à l’APS, en prélude à la Journée mondiale du cheval, instituée l’année dernière par les Nations unies et célébrée le11 juillet de chaque année.
Se basant sur une étude datée de 2023, il a ajouté que le cheval, par exemple, a permis d’emblaver davantage de superficies agricoles et d’augmenter considérablement les rendements.
‘’Si les pays industrialisés orientent de plus en plus l’utilisation du cheval vers les loisirs, les sports équestres et le tourisme, le Sénégal demeure dans une phase où les équidés sont d’un apport indispensable dans l’agriculture, faute d’une mécanisation suffisante’’, a affirmé le directeur du développement des équidés.
‘’Au quotidien, 25 000 personnes transportées par les chevaux à Touba’’
En plus du rôle important du cheval et de l’âne dans les exploitations agricoles, ces deux espèces de la famille des équidés contribuent également à l’économie du transport, selon lui.
‘’À Touba, les chevaux transportent jusqu’à 25 000 personnes par jour. Il intervient ainsi dans ce secteur générant des retombées économiques qui profitent directement aux ménages qui vivent de cette activité’’, a relevé le vétérinaire.
Globalement, si l’on y ajoute le secteur des courses hippiques, les propriétaires de chevaux tirent plus de 80 % de leurs revenus des activités sociaux-économique liées à cette espèce d’équidé, a-t-il ajouté.
L’importance du cheval et de l’âne se mesure également dans les zones sylvo-pastorales, où ils accompagnent les éleveurs dans leurs déplacements saisonniers et participent à la fourniture en eau du bétail.
‘’Vous ne pouvez pas faire l’élevage extensif sans les chevaux et les ânes. Ce sont eux qui assurent le transport de l’eau, des équipements et accompagnent les transhumances’’, a fait savoir Dr Alphone Sène, relevant qu’ils contribuent ainsi indirectement aux performances de l’élevage.
‘’Le transport de l’eau par les chevaux et les ânes a permis d’améliorer les conditions d’élevage et la production du bétail qui va plus parcourir trop de distance pour s’abreuver au risque de perdre du poids’’, a-t-il fait observer.
‘’Une mine d’or sous-exploitée’’
Il a par ailleurs souligné que la contribution économique de ces deux espèces de la famille des équidés reste encore sous-évaluée, faute d’études couvrant l’ensemble des activités de cette filière.
‘’L’impact économique est difficilement mesurable parce qu’il n’existe pas encore d’étude globale portant sur toutes les utilisations des équidés’’ dans l’écosystème agro-économique, a-t-il dit, ajoutant que le potentiel du cheval est également considérable en matière de création d’emplois.
‘’Près de 200 métiers ont été identifiés autour du cheval. Si la filière, qui est une mine d’or, est mieux organisée, elle peut devenir un puissant levier de lutte contre le chômage et la pauvreté’’, a soutenu le directeur du développement des équidés.
Près de 200 métiers ont été identifiés autour du cheval
Parmi ces métiers, qui offrent déjà des revenus substantiels, figurent notamment les jockeys, les maréchaux-ferrants, les selliers, les palefreniers, les vétérinaires spécialisés, les éleveurs, etc.
‘’Il y a des maréchaux-ferrants qui gagnent jusqu’à un million de francs CFA par mois. Certains jockeys des courses hippiques repartent chaque week-end avec 300 000 à 400 000 francs CFA, même si les gains varient selon les performances’’, a indiqué Dr Alphonse Sène.
Selon lui, le Sénégal dispose d’atouts importants pour faire de la filière équine un puissant secteur économique, notamment grâce à un important cheptel estimé à plus de 665 000 chevaux et 960 000 ânes, et à un savoir-faire national reconnu dans la sous-région.
‘’Les pays voisins comme le Mali et le Burkina Faso viennent acheter leurs chevaux de course au Sénégal. C’est un avantage comparatif que nous devons mieux exploiter et valoriser’’, a-t-il exhorté.
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