Fatou Diouf salue “la place croissante” des femmes sénégalaises dans l’économie bleue
Fatou Diouf salue “la place croissante” des femmes sénégalaises dans l’économie bleue

SENEGAL-PECHES-GENRE

Dakar, 18 mai (APS) – La ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Fatou Diouf, a salué, lundi, à Dakar, la “place croissante” des femmes dans le secteur maritime sénégalais, soulignant que la contribution de la gent féminine constitue désormais “un impératif stratégique et une exigence de performance” pour le développement de l’économie bleue.

“Les femmes sénégalaises occupent désormais une place croissante dans les administrations maritimes, les activités portuaires, la pêche, la transformation des produits halieutiques, la logistique, la sécurité maritime ainsi que dans les fonctions techniques, scientifiques et managériales”, a-t-elle notamment déclaré lors de la célébration de la Journée internationale des femmes du secteur maritime.

Selon la ministre, l’engagement, la résilience, la créativité et l’expertise des femmes participent activement à la modernisation du secteur maritime et au renforcement de sa compétitivité.

Mme Diouf a rappelé que cette journée constitue “un acte de reconnaissance internationale” envers des femmes dont “l’engagement, le professionnalisme et la persévérance contribuent chaque jour davantage au développement et à la modernisation du secteur maritime”.

Elle a également souligné que cette célébration représente “un moment de réflexion stratégique sur la place des femmes dans les politiques publiques, dans la gouvernance maritime et dans les dynamiques de transformation économique” des pays africains.

Le ministère des Pêches et de l’Économie maritime poursuit la mise en œuvre de “politiques volontaristes” en faveur de l’inclusion et de l’autonomisation des femmes, selon Fatou Diouf.

Elle a cité, entre autres initiatives, le déploiement du plan d’institutionnalisation du genre par la cellule dédiée du ministère qu’elle dirige, en plus des programmes d’appui destinés aux femmes mareyeuses et transformatrices des produits halieutiques.

Ces programmes visent à renforcer leurs capacités productives, améliorer durablement leurs revenus et favoriser leur accès aux opportunités économiques, à travers notamment la “Caisse d’encouragement à la pêche et à ses industries annexes”.

Mme Diouf a par ailleurs encouragé les jeunes filles et les femmes à croire en leurs capacités et à investir davantage les métiers de la mer, dans un contexte marqué, dit-elle, par l’essor de l’économie bleue.

Le directeur général de l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM), Bécaye Diop, considère pour sa part que l’organisation de cette rencontre constitue “un événement pionnier” au Sénégal.

“Les femmes ne sont plus seulement celles qui attendent sur le rivage, elles tiennent la barque”, a-t-il affirmé, soulignant que le monde maritime, longtemps perçu comme “exclusivement masculin”, connaît depuis quelques années une évolution notable.

Les femmes sont désormais “la boussole” des politiques maritimes, “l’ancre” des institutions et “les voiles” de l’avenir maritime du Sénégal, a-t-il dit dans une formule imagée empruntée à la navigation.

Il a annoncé la présentation officielle d’un nouveau logo de l’ANAM, symbole, selon lui, d’une gouvernance maritime “résolument moderne, performante, durable et inclusive”.

Awa Camara Bousso, responsable au Sénégal de l’Association des femmes du secteur maritime d’Afrique de l’Ouest et centrale, a de son côté plaidé pour une meilleure traduction des politiques publiques en actions concrètes en faveur des femmes du secteur maritime.

“Les politiques existent. Les engagements existent. Les stratégies existent. Mais aujourd’hui, les femmes du maritime attendent davantage que des promesses. Elles attendent des décisions courageuses, des mécanismes concrets et des opportunités réelles”, a-t-elle déclaré.

Elle a appelé les autorités publiques, les acteurs privés et l’ensemble de la communauté maritime à renforcer l’accès des femmes aux fonctions techniques et stratégiques, à promouvoir davantage de femmes aux postes de responsabilité et à intégrer systématiquement la dimension genre dans les politiques maritimes nationales.

BAB/BK