SENEGAL-ENVIRONNEMENT
Dakar, 18 mai (APS) – L’État du Sénégal va recourir à plusieurs mécanismes, dont la taxe carbone et son document de budget vert, pour financer des initiatives de protection de la biodiversité, a assuré Maguèye Ngom, chargé de programme à la direction de la programmation, lundi, à Dakar.
“L’État […] ne ménagera aucun effort pour financer” le secteur de la biodiversité, a promis M. Ngom, ajoutant : “On est en train d’élaborer le projet de taxe carbone, le document qui retrace les financements liés à la fiscalité verte.”
Il intervenait à un atelier consacré au financement de la biodiversité au Sénégal.
“Nous sommes conscients du fait que ce secteur est sous-financé [au Sénégal], mais l’État fera des efforts pour mieux le financer et faire face aux conséquences de la perte de la biodiversité”, a ajouté Maguèye Ngom, s’exprimant au nom du ministère des Finances et du Budget.
“Le financement du secteur est fragmenté entre plusieurs projets, partenaires financiers et lignes budgétaires répartis dans différents secteurs : l’agriculture, l’élevage, la pêche, entre autres secteurs d’activité”, a signalé M. Ngom.
La préservation de la biodiversité n’est plus un choix, mais une nécessité
La représentante adjointe du Programme des Nations unies (PNUD) au Sénégal, Catherine Phuong, a parlé de “l’urgence d’agir” en faveur de la protection de la biodiversité, estimant que le Sénégal est confronté à “une dégradation préoccupante” de ses écosystèmes.
La superficie des forêts sénégalaises a baissé de 860 000 hectares entre 2010 et 2020, a relevé Mme Phuong en citant une étude consacrée à la biodiversité au Sénégal. Cette importante baisse de la superficie forestière du pays concerne surtout les forêts denses, d’après elle.

“Les zones humides connaissent également une forte dégradation, certaines d’entre elles ayant perdu près de 30 % de leur superficie”, a ajouté la représentante adjointe du PNUD. L’érosion côtière, a-t-elle indiqué, progresse de cinq mètres par an dans certaines parties du pays.
Même si la biodiversité se porte mal à ce point, les activités qu’elle engendre fournissent 15 à 20 % du produit intérieur brut du pays et génèrent près de 600 000 emplois, dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche, du tourisme et des ressources naturelles notamment, a poursuivi Catherine Phuong.
Vingt et un mécanismes à renforcer et 14 solutions innovantes
Mme Phuong pense que “la préservation de la biodiversité n’est plus un choix, mais une nécessité stratégique pour assurer un développement durable, résilient et inclusif du Sénégal”.
Malgré les nombreux moyens de financement des activités relatives à la biodiversité, ce secteur reste confronté à une faible traçabilité des ressources, à un recouvrement insuffisant et à une forte dépendance aux financements extérieurs, a-t-elle observé.
La représentante adjointe du PNUD au Sénégal signale que l’étude citée relève des opportunités majeures pour la biodiversité. Parmi ces opportunités figurent “21 mécanismes à renforcer et 14 solutions innovantes”, dont les obligations vertes, les marchés carbone et les fonds fiduciaires, d’après elle.
Catherine Phuong assure que le PNUD est prêt à soutenir la promotion de la biodiversité au Sénégal, avec “son expertise, ses outils et ses partenariats”.

Le colonel Ibrahima Guèye, directeur des parcs nationaux du Sénégal, signale que le pays a des atouts en matière de protection de la biodiversité.
“Le capital écologique remarquable du Sénégal n’est pas seulement un héritage à préserver. C’est aussi un actif économique en activité. Il est indispensable à notre sécurité alimentaire, à notre résilience climatique et à la soutenabilité de notre modèle de développement”, a-t-il souligné.
CS/ESF/BK
