L’amélioration du service public de la justice passe par “une véritable culture de la performance” (magistrat)
L’amélioration du service public de la justice passe par “une véritable culture de la performance” (magistrat)

SENEGAL-SOCIETE-FORMATION

Kaolack, 18 mai (APS) – L’amélioration du service public de la justice passe par l’instauration d’une “véritable culture de la performance”, avec un accent mis sur les capacités managériales des acteurs concernés, a déclaré, lundi, à Kaolack (centre), le directeur général du Centre de formation judiciaire (CFJ), Souleymane Téliko.

“Nous pensons que l’amélioration du service public de la justice passe nécessairement par l’instauration d’une véritable culture de la performance. Et pour cela, il faut, au-delà des compétences techniques, mettre l’accent sur celles managériales de tous ceux qui concourent au fonctionnement dudit secteur, magistrats, administrateurs des greffes ou greffiers”, a-t-il notamment déclaré.

M. Téliko s’exprimait lors d’un séminaire sur le management des juridictions, organisé par le Centre de formation judiciaire, de concert avec la GIZ, l’agence de coopération internationale allemande pour le développement.

Les premiers présidents et procureurs généraux des Cours d’appel de Kaolack et Tambacounda prennent part à ce séminaire prévu pour deux jours, de même que d’autres acteurs concernés.

La justice n’est pas uniquement un pouvoir, c’est également un service public, a souligné le DG du CFJ, insistant sur l’impact d’une telle formation sur l’efficacité du système judiciaire.

Selon le magistrat, les citoyens attendent de tout service public, efficacité, efficience et sérénité, toutes choses qui dépendent avant tout des moyens mis à la disposition du secteur de la justice, de la pertinence des procédures destinées à optimiser le fonctionnement de ce secteur, “mais également, surtout, des capacités managériales de tous ceux qui concourent au fonctionnement dudit secteur”.

La justice, de par sa nature, est “une institution marquée par des exigences d’impartialité, d’équité et de rigueur. Mais pour que ces vertus cardinales se traduisent concrètement dans le quotidien des justiciables, elles doivent s’appuyer sur des services judiciaires bien organisés et bien administrés”, a-t-il relevé.

L'amélioration du service public de la justice passe par "une véritable culture de la performance" (magistrat)

Or, a-t-il fait observer, si les magistrats sont préparés à l’exercice de fonctions juridictionnelles, ils le sont un peu moins pour la gestion, l’administration, le management d’une organisation et de ses ressources humaines, matérielles et budgétaires, en lien avec leurs fonctions de chefs de juridiction.

Il en va de même pour les greffiers nommés aux fonctions de chefs de greffe, qui se retrouvent, souvent sans préparation spécifique, à la tête d’un service névralgique dont dépendent, “en grande partie”, la qualité et la clarté de la procédure judiciaire.

“Cette réalité, le CFJ l’a fort bien identifiée en inscrivant dans sa mission de formation initiale et continue des acteurs de la justice, des programmes de formation aux outils de management et d’administration judiciaire. Car un chef de juridiction qui maîtrise les principes du management, qui sait élaborer et suivre un tableau de bord, qui comprend les mécanismes de la gestion budgétaire et qui veille à la bonne conservation des archives, des scellés et des pièces à conviction, est un acteur judiciaire mieux armé pour remplir sa mission avec efficacité, transparence et intégrité”, a fait valoir Souleymane Téliko.

L'amélioration du service public de la justice passe par "une véritable culture de la performance" (magistrat)

ADE/BK