Des acteurs sénégalais et coréens explorent à Dakar les opportunités de l’intelligence artificielle en Afrique
Des acteurs sénégalais et coréens explorent à Dakar les opportunités de l’intelligence artificielle en Afrique

SENEGAL-TECHNOLOGIES-ENJEUX

Dakar, 18 juin (APS) – KPC Consortium, une structure sud-coréenne, en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a ouvert, jeudi, à Dakar, un sommet de deux jours destiné à renforcer l’écosystème entrepreneurial sénégalais à travers la promotion de la collaboration et de l’innovation technologique entre Dakar et Séoul.

La rencontre réunit des représentants de ministères sénégalais ainsi que plusieurs acteurs des écosystèmes entrepreneuriaux sénégalais et coréens autour du potentiel de l’intelligence artificielle (IA) et de ses applications concrètes.

Le programme prévoit également des présentations de solutions innovantes développées par des startups sénégalaises et coréennes, allant dans le sens de favoriser l’émergence de partenariats et de nouvelles opportunités de collaboration, a-t-on appris des organisateurs.

Intervenant à cette occasion, la PDG de LinkSenAI, Wedji Kane, a présenté l’intelligence artificielle comme un secteur offrant une ‘’grande diversité de profils et de compétences’’.

Elle a plaidé pour la mise en place d’un “écosystème davantage connecté” afin de mieux identifier les besoins réels des entreprises et de développer des solutions adaptées à des secteurs tels que la santé, l’éducation ou encore les transports.

Mme Kane a également souligné la nécessité de disposer de juristes spécialisés dans la réglementation du secteur et la protection des données personnelles.

Elle a toutefois insisté sur l’importance, pour les pays africains, de travailler ensemble au développement de modèles d’intelligence artificielle alimentés par des données issues du continent et capables de prendre en compte les réalités linguistiques et culturelles locales.

Elle faisait allusion notamment à l’IA générative+ChatGPT+, notant que son apprentissage du wolof repose essentiellement sur des formes francisées ou anglicisées de la langue, une situation qui pourrait, à terme, contribuer à l’érosion de son substrat culturel et lexical, a-t-elle déploré.

Conseiller technique au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Nouhou Diaby, s’est félicité de la mise en œuvre de ce programme après trois ans de mise en œuvre au Sénégal et qui a permis à de nombreux talents de ‘’transformer leurs idées en projets concrets’’.

Il a rappelé que chaque université sénégalaise disposait déjà d’un incubateur, soulignant que l’un des principaux apports de cette initiative réside dans sa capacité à fédérer les différents acteurs de l’écosystème de l’intelligence artificielle.

Selon lui, le défi consiste désormais à ‘’préserver les acquis de cette coopération avec le partenaire coréen en inscrivant les actions engagées dans une dynamique de durabilité’’.

Dans cette perspective, M. Diaby a indiqué que le Sénégal travaille à la mise en place d’un Fonds national de développement de la recherche et de l’innovation, dont le projet de décret est en cours de préparation.

Il a également évoqué le futur incubateur de Diamniadio, qui doit permettre de regrouper les startups et de leur offrir un cadre favorable à leur développement.

SMD/HK